vendredi, novembre 30, 2007

lundi 3 décembre

... commandé à l'espace culturel de l'hypermarché deux disques, qui devraient arriver sous quinze jours malgré les incertitudes liées à la période des fêtes. Il s'agit de "Sur les quais" de Daniel Mille, que je voulais écouter depuis longtemps, et du dernier album de Roberto de Brasov, "Figuri Express", que j'ai découvert il y a peu de temps, mercredi précisément.


Avant de sortir de l'espace culturel, comme par rêflexe, petit coup d'oeil en diagonale sur les rayons de disques. Trois exemplaires du dernier Didier Labbé Quartet sont là : "Bazar Kumpanya". C'est une production Compagnie Messieurs Mesdames, Toulouse, en partenariat avec Baykus Müzik, Istanbul, distribuée par Mosaïc Music Distribution. L'album est simple, mais très réussi au plan graphique, avec un livret de dessins et de photographies que l'on regarde avec plaisir et intérêt.


La musique de Didier Labbé, qu'il s'agisse des interprétations ou des compositions, est marquée par l'évidence d'un style qui se déploie ou s'approfondit au fil des albums et à travers des formations différentes (quartet, octet). "Bazar Kumpanya" emprunte à la musique turque, on pourrait dire qu'il s'y est immergé, et le mélange entre celle-ci et les traits caractéristiques de la musique de Didier Labbé donne un alliage d'une très grande force. Il y a de l'incantation, de l'envoûtement, de l'hypnose... La présence turque est d'ailleurs clairement affirmée par la place prise par trois musiciens turcs invités.


Bien sûr, dans la mesure où je suis branché en priorité sur l'accordéon, j'aurais aimé que Didier Dulieux ait une place plus importante ; j'ai noté cependant deux morceaux où j'ai beaucoup apprécié sa prestation. Il s'agit de "Yüksek Tepeler" et de "Turk' N' Roll".

dimanche 2 décembre - des indiens, de la pâte à crêpes et un bandonéon

"Communauté Emmaüs" à Lescar, près de Pau, le vendredi 30 novembre. Il est 15 h 30. A mon arrivée, je m'aperçois que quelque changements sont en train de se réaliser. Deux grues soulèvent le wagon-bistrot pour le déposer sur une énorme remorque qui le transportera à quelques centaines de mètres. La communauté se réorganise. Les différents sites sont tous en cours de déménagement.



Dans cet univers plutôt surréaliste et assez foutraque où des gens errent à la recherche d'un objet improbable, deux sensations attirent mon attention : une odeur de pâte chaude sucrée et le son d'un bandonéon. Tapi dans sa caverne d'Ali-Baba, un homme, jeune, s'exerce... C'est à peine si je l'aperçois derrière le panier de beignets pantagruéliques qu'il a confectionné pour les visiteurs.


A peine avons-nous engagé la conversation qu'une file ininterrompue de plusieurs minutes vient lui commander qui une crêpe, voire deux ou trois, qui un beignet, voire deux ou trois. Son bandonéon l'attend placide sur une nappe à carreaux. Il illumine le capharnaüm.


Pendant que le joueur de bandonéon débite ses crêpes avec dextérité et parfois en donnant en sus la recette de sa pâte, son portable, posé au bord de la table, diffuse un air du Cuarteto Cedron.


Le bandonéon, attendant que la distribution de crêpes et de beignets soit terminée, médite sur la nappe...


Il rêve sans doute de Buenos-Aires.

Avant mon départ, nous discutons un peu. Nous parlons du Cuarteto Cedron, de Daniel Brel, de Saluzzi, de Sabatier et du trio PSP. Il m'explique que le directeur de la communauté lui offert de tenir cette crêperie pour lui permettre de rassembler les euros dont il avait besoin pour partir en Argentine où il veut mener à bien un projet culturel auprès d'une communaté indienne autochtone. Il semble content, car il est sur la bonne voie.


Une dernière photographie... Entre deux clients, il est déjà en Amérique latine. Il est 16 h 20.

...




Ce même vendredi, entre 18 et 19 h, j'ai écouté avec grand plaisir par internet une émission dédiée à l'accordéon : "Accordéon sans frontières" sur radio BLV. L'émission est animée par Sylvie Jamet. Son ton est personnel et correspond bien au parti qu'elle a pris de faire partager ses choix personnels. Son style rompt avec le style habituel des émissions professionnelles et l'heure de l'émission passe en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. C'est ainsi que l'on peut écouter Barboza, Soledad, Azzola, Baez, Isabelle Guérin, Aude Giuliano, Clifton Chénier, Jbanov, FreeBidou et Galliano... Tout en écoutant cette suite de morceaux, je me dis que l'on peut bien se permettre de prendre le parti de l'éclectisme lorsqu'on ne propose que le meilleur.




C'était un vrai moment de plaisir partagé.






























jeudi, novembre 29, 2007

samedi 1er décembre - de ezcurra & roberto de brasov

Un certain regard...



samedi 1er décembre - pyrotechnie et blanchissage

Le puzzle avance à grands pas. Les derniers restes seront bientôt engloutis sous la marée blanche.


Personne sur le chantier. Il est midi passé de quelques minutes. C'est le moment de la pause-déjeuner. Un pot de colle et un jeu d'échelles signifient la présence d'un ouvrier quelque part, mais où ?



Bientôt, le mur aura recouvré sa candeur initiale. Il ressemblera aux autres que l'on aperçoit en arrière-plan. Son revêtement fera illusion quelque temps avant que les outrages des intempéries ou que de nouvelles dégradations ne viennent animer sa surface et en rappeler la fragilité. Ainsi va la vie...


En attendant, je me demande si certains ne vont pas profiter de la présence de cet échafaudage pour inscrire leurs tags sur cette surface immaculée et donc impersonnelle. La tentation d'y apposer sa signature doit en démanger plus d'un. De là à passer à l'acte... A suivre.




samedi 1er décembre - photonotes roberto de gennevilliers





Le programme du concert comme l'ensemble de l'information qui l'entoure est impeccable. L'essentiel est dit en un minimum de mots. De la même manière, que ce soit dimanche ou aujourd'hui, Philippe de Ezcurra a toujours "cadré" les pièces que l'on allait entendre et c'est très agréable. Je ne comprends toujours pas pourquoi la plupart du temps les musiciens, accordéonistes en particulier, jouent sans donner les titres des oeuvres qu'ils interpètent. Pensent-ils que leur public est assez averti pour n'avoir pas besoin ne serait-ce que d'un rappel... Est-ce un oubli ? un acte manqué ?



Les jeunes élèves de la classe d'accordéon. Quelle émotion ! Quelle tension !



Vue de la scène. Même si elle est peu lisible, la photographie donne une idée juste des postures respectives de Philippe de Ezcurra et de Roberto de Brasov : celui-ci face au public, avec son clavier de touches piano énorme, celui-là un peu de biais, tourné vers son partenaire, plein d'attention et plein.



Toujours aussi déficiente quant à la qualité, cette photographie décrit bien la relation complice entre les deux partenaires. De Ezcurra droit comme un I et cependant fluide, Roberto de Brasov embrassant son instrument tout en jetant un oeil plein de malice vers son complice.


L'un regarde l'autre qui regarde l'un...








vendredi 30 novembre - pyrotechnie et puzzle

Les traces de l'incendie vont bientôt disparaitre sous les carrés du puzzle que le tachiste a commencé à poser. Les pièces de son puzzle sont toutes identiques et je me demande avec admiration comment il fait pour reconnaitre les pièces adéquates et les mettre en bonne place. C'est un vrai professionnel. On sent bien que le blanc va l'emporter bientôt sur les restes du magma noir. On n'y verra que du feu...






vendredi 30 novembre - roberto de gennevilliers


Concert Roberto de Brasov / Philippe de Ezcurra. Entrée libre et gratuite. Après la master class animée par Roberto de Brasov l’après-midi au conservatoire Maurice Ravel, concert donné dans le cadre de la « Semaine des Arts de la scène du monde ».

Mercredi, départ de Pau à 18h15. Il fait nuit noire, mais comme nous nous dirigeons, plein est, vers Anglet, l’horizon est lumineux comme embrasé par un gigantesque incendie. Des camions et une circulation dense mais fluide. Arrivée devant la mairie d’Anglet à 19h45. Deux personnes installent des chaises dans la salle des fêtes et un technicien règle deux micros sur la petite scène. En attendant l’ouverture des portes, nous nous garons de manière à voir l’entrée de la salle des fêtes. Il fait 7°. Nous grignotons nos sandwiches jambon-fromage en buvant du café maintenu brulant dans la bouteille thermo.

Alors que nous observons les arrivées de jeunes accordéonistes accompagnés le plus souvent de leurs parents, un break gris se gare à côté de notre voiture. Philippe de Ezcurra, qui semble branché sur un courant survolté est au volant. Roberto de Brasov, placide, à la place du passager. Son allure me fait penser à un Orson Welles débonnaire. Un salut rapide : «… A tout à l’heure ! ».

Peu de temps après, alors que des gens arrivent de manière dispersée mais continue, nous nous disons qu’il serait temps d’aller voir s’il est possible d’entrer à des spectateurs ordinaires. Roberto de Brasov téléphone. Nous arrivons devant l’entrée au moment où il a fini de téléphoner ; j’en profite pour lui demander s’il a apporté des disques et en particulier son tout dernier. Le sujet semble sensible, car il nous dit alors à quel point il a des difficultés à se distribuer. Ce soir, par exemple, il n’a pas reçu les exemplaires pourtant réclamés avec insistance à son distributeur. Nous parlons de choses et d’autres. Il est chaleureux et sympathique, au point de me proposer de m’envoyer son dernier album si je lui laisse mon adresse. Il ne nous connaît pas, mais il est prêt à m’en faire cadeau. Il ajoute que s’il vient un jour à Pau, je pourrai lui rendre la pareille en lui offrant un pot… A la vérité, cette offre me gêne un peu, car le Béarn n’est pas terre d’accordéon, et nous nous quitterons sans que je lui ai donné mon adresse. Il ne me reste plus qu’à commander son dernier album… Tout en discutant, il insiste sur le fait qu’il est en France depuis quatorze ans et qu’il connaît ce pays mieux que le sien. Cela semble lui tenir à cœur, car il en reparlera au début du concert. Tout en discutant, nous voyons à travers les vitres de la salle des fêtes que celle-ci se remplit. Quand nous entrons, nous constatons que les quatre premiers rangs sont réservés, que les deux suivants sont occupés. Le septième rang nous parait un peu loin, mais la conversation sympathique avec Roberto de Brasov valait bien ce petit inconvénient. On n’y perd rien du point de vue acoustique ; en revanche, les photographies seront ce qu’elles seront…

Les jeunes de la classe d’accordéon, au fond de la salle, mettent tout leur cœur pour nous préparer au concert.

A 21h10, entrée des artistes. Quelques mots de présentation. Philippe de Ezcurra nous explique l’intention de cette rencontre : instaurer, le temps d’un concert, un dialogue entre la culture basque et la culture roumaine des Carpates par le biais de la musique. L’idée de départ est que chacun à tour de rôle propose un air de son pays et que les deux s’en emparent en improvisant. Après un début conforme à cette intention, on sent bien que les deux accordéonistes vont s’en dégager… Ils sont en effet d’un pays mais aussi citoyens du monde de l’accordéon. Roberto de Brasov, revenant sur les propos qu’il avait tenus devant nous tout à l’heure, insiste d’ailleurs sur le fait qu’aujourd’hui il vit à Gennevilliers. On comprend que, pour lui, son inspiration procède au moins autant de cet ancrage actuel que de son origine roumaine. Et pourtant, notamment lorsqu’il chante et dialogue avec son accordéon, c’est vraiment cette origine qui s’exprime.
Connaissant Roberto de Brasov par son album « Le swing des Carpates », nous le retrouvons en direct live tel que nous l’attendions. Quant à Philippe de Ezcurra, nous sommes toujours aussi admiratifs devant la précision de son toucher et sa créativité. Nous l’avions écouté à Gironde sur Dropt dialoguant avec Macias, Amestoy et Lacaille après avoir joué dans le registre classique (« Asturias »), nous l’avions écouté au bandonéon (« Suite del Angel », nous l’écoutons maintenant complice de Roberto de Brasov… Il nous tarde déjà de trouver la prochaine occasion de l’entendre.

Le concert se termine, à 22h20, après un rappel chaleureux, par une interprétation de « La foule » qui me rappelle une certaine interprétation de Raul Barboza au festival de Montmagny (cd 3 de « L’anthologie »).

Deux musiciens maliens, un flûtiste et un joueur de tambour africain, invités à la « semaine des arts de la scène du monde », tissent ensuite une sorte de mélopée envoutante et quasi hypnotique. Le temps est suspendu…

22h35. Nous rejoignons notre voiture. Roberto de Brasov vend quelques exemplaires de son album « Le swing des Carpates ». Un rapide salut à Philippe de Ezcurra, juste pour lui signifier notre satisfaction. Encore un café, qui est resté brulant. En sortant d’Anglet, puis de Bayonne, nous grignotons nos derniers sandwiches. Un concert, ça creuse. Et puis, l’autoroute… éclairée par la lune.

Arrivée devant la maison, à Pau, à minuit pile. J’ai encore une petite faim.
A deux heures, je suis toujours en train de regarder, de trier et de recadrer les photographies que j’ai prises avec mon Nokia. Ce ne sont pas des chefs-d’œuvre, mais en tant que traces, que notes et que déclencheurs d’émotions, elles remplissent bien leur office.
Il est temps d’aller se coucher. Dehors, il fait 0°.



mardi, novembre 27, 2007

jeudi 29 novembre - pyrotechnie et tachisme






En rentrant de l’hypermarché, nous constatons que la situation du mur carbonisé du bloc H.L.M. a évolué. Le quatrième moment est entamé. Après le moment pyrotechnique initial (1), violent et surprenant, même s’il n’était pas imprévisible, le moment d’exposition des traces de la violence (2) puis le moment de la remise en ordre de l’espace boursouflé par un cadrage géométrique strict (3), voici le moment du tachisme (4). C’est ce moment crucial où un professionnel intervient pour poser des taches suivant les règles de l’art. Ce professionnel, je me plais à penser qu’il s’agit d’un tachiste qualifié, catégorie de peintres compétents dans l’art de la disposition de la tache et à ce titre seul habilité à intervenir sur le noir de fumée destiné à disparaître sans laisser de traces. Sa technique est d’une telle complexité qu’il est seul à savoir la pratiquer. C’est pourquoi, durant toute son intervention, nul ne doit le déranger, rien ne doit le distraire de sa mission. Poser convenablement des taches blanches sur ce fond noir implique en effet un long apprentissage à l’instar du travail accompli par les peintres extrême-orientaux avant de passer à l’acte créatif et l’assurance d’une tranquillité absolue. Je ne sais si l’image est bien lisible, mais on peut voir le tachiste à l’œuvre à droite en bas de l’échafaudage. Au moment où j’ai pris les photographies, il méditait…



lundi, novembre 26, 2007

mercredi 28 novembre

24 août... L'air est encore chargé de l'odeur écoeurante de matières plastiques carbonisées et des fragments noirs comme de petites escarbilles couvrent le sol et se collent aux semelles.









Le vendredi 24 août, en revenant de faire quelques courses alimentaires, j’avais eu la surprise de découvrir le mur déformé par un incendie de poubelles d’une résidence de type H.L.M. Je ne sais pas si une enquête a eu lieu pour en déterminer les causes et l’origine, mais souvent, presque chaque jour, je me demande si cette trace carbonisée sera là. Je la regarde comme un objet artistique, un tag ou une sculpture. Elle vaut bien en effet des œuvres estampillées comme telles. Dans son cas, j’imagine que l’auteur est un collectif. J’ai même pensé à un titre : « Retour de flammes ». D’une certaine façon, elle fait partie de ce paysage urbain, elle y est intégrée…
Mais, hier, surprise, des échafaudages couvrent la façade. Bientôt des ouvriers vont donc la remettre en son état neuf. Je compte bien suivre cette opération. Et pour commencer, je garde trace de ce moment géométrique. Le magma comme secrété par le mur est déjà localisé dans son encadrement très cartésien. L’ordre reprend possession de l’espace.


...


Hier soir, vers minuit, Françoise, qui assure avec une constance que j'admire sa mission de veille informative, me dit : "Bruno Maurice est à Trentels le 1er mai. C'est inscrit sur son site. Avec le Trio Miyasaki". C'est une bonne nouvelle ! Autre information, un peu plus tard :"Toucas sera à Montpellier les 7 et 8 février... avec une autre artiste, Michèle Bernard". On explore un peu le site du théâtre où ils se produiront, le théâtre d'O et l'on se renseigne sur la discographie de Michèle Bernard, que nous ne connaissions pas. Il faudra se renseigner plus précisément pour savoir comment s'articulent les deux prestations, de Toucas et de Michèle Bernard.










dimanche, novembre 25, 2007

mardi 27 novembre - photonotes de ezcurra 16-20

18 h 14




18 h 16





18 h 19






18 h 21







18 h 23








mardi 27 novembre - photonotes de ezcurra 11-15

18 h 07



18 h 08




18 h 10





18 h 11






18 h 13







mardi 27 novembre - photonotes de ezcurra 6-10

18 h 02



18 h 03




18 h 04





18 h 04






18 h 06







mardi 27 novembre - photonotes de ezcurra 1-5

18 h 00





18 h 01






18 h 01







18 h 01








18 h 02









mardi 27 novembre - suite del angel

Philippe de Ezcurra nous avait informés par un premier courriel de la date d’un concert donné par l’orchestre régional Bayonne Côte basque, où il jouait du bandonéon. Puis, par un deuxième courriel, envoyé samedi, il nous avait alertés sur le fait que, vu le nombre probable de spectateurs, il serait prudent d’arriver plus d’une heure en avance.





- le concert : dimanche 25, salle des fêtes de la mairie d’Anglet (entre Bayonne et Biarritz), à 17 heures. Au programme, « Dualités pour percussion solo » de Aïko Miyamoto, « Tacuabé, pièce pour alto et récitant » de Sergio Ortega, « Le grand tango pour violoncelle et piano » de Piazzolla, « Neuf miniatures Açoriennes pour marimba et piano » de Jean-François Lézé et la « Suite del Angel » de Piazzolla. Mise à part la « Suite… », nous ne sommes pas familiers de ces musiques ; nous les découvrions ; toutes nous ont enchantés. En fait, il faudrait citer chacun des interprètes, ce serait justice, mais comme ce blog est dédié à l’accordéon et au bandonéon, je m’en tiendrai à la partie relative à ce domaine.





- L’heure d’arrivée à Anglet, devant la mairie : 15 h 45, le concert ayant lieu à 17 heures. L’horaire sera strictement respecté ; c’est un comportement à saluer. Nous sommes les premiers arrivés, ce qui nous vaudra le privilège d’entrer transis de froid dans la salle de concert et de pouvoir nous asseoir au premier rang malgré le fait que la plupart des chaises sont réservées. Nous étions partis vers 14 h 30 de Pau, nous sommes de retour à 20 heures.





- Avant de repartir vers Pau, nous échangeons quelques mots avec Philippe de Ezcurra, juste le temps de lui dire notre plaisir et de le remercier personnellement pour son jeu au bandonéon : plein de sentiment et d’émotion, mais sans excès et toujours avec une maîtrise technique évidente. Nous apprenons à l’occasion de cet échange bref, mais chaleureux et très sympathique, qu’il a fait les arrangements de la suite que nous venons d’écouter, arrangements pour un septet acoustique : bandonéon, piano, violons (2), alto, violoncelle, contrebasse.





- Curieusement, j’observe que la plupart des disques que nous avons ne donnent pas la suite dans sa totalité, mais seulement une ou deux parties. Le plaisir que nous avons éprouvés ce soir tient sans doute aux arrangements, tient aussi à la qualité du bandonéon de de Ezcurra et à celle des autres interprètes, mais surtout à l’unité des quatre moments que nous avons pu écouter dans leur succession et saisir comme un système. Un système étant une organisation où le tout est plus (et, dirais-je, autre) que la somme des parties. Pour le plaisir, rappel des titres de ces quatre moments : « Introduccion del Angel », « Milonga del Angel », « Muerte del Angel » et « Resureccion del Angel »…





- Avant de nous séparer, Philippe de Ezcurra nous informe que le mercredi 28, à 21 heures, il donne un concert avec Roberto de Brasov… La rencontre du Pays basque et du pays des Carpathes. Nous hésitons à refaire la route (Pau – Anglet, 240 kilomètres aller / retour ; retour de nuit…), mais je crois qu’il faudrait une tempête de neige, un tremblement de terre ou plusieurs kilomètres de verglas pour nous empêcher d’assister à cet événement. A suivre…

samedi, novembre 24, 2007

lundi 26 novembre - le moulin roques sur garonne

Entre le Quatuor Toulouse Accordéons et le MJF Trio d'une part, Tango Lunatico et Jean-Louis Noton d'autre part, un moment d'intermède : un jeune élève de l'école de musique exécute "Asturias". Moment sympathique, moment d'épreuve sans doute et donc d'apprentissage. L'attention des gens présents est sensible, quasi palpable. On comprend ce que signifie l'expression "avoir le soutien du public". Il y a fort à parier que le futur virtuose se souviendra longtemps de ce passage initiatique.

dimanche 25 novembre - photonotes accordéons 30-33









Un dernier accordéon, devant une fenêtre, par laquelle on aperçoit un petit groupe de gens qui se promènent le long de la Garonne. La lumière de fin d'après-midi est douce et toutes les couleurs de la nature sont comme délavées. Une magnifique exposition ! Un dispositif pour faire rêver.

dimanche 25 novembre

Je notais il y a quelques jours mon goût pour le jeu de Klucevsek en général et en particulier pour l’album « Manhattan Cascade » qui est le dernier disque de lui que j’ai eu l’occasion d’écouter. Ce disque n’est pas récent puisqu’il date de 1992. J’écrivais ceci : « Manhattan Cascade » est un album d’une richesse extraordinaire et à proprement parler étonnante. Klucevsek, c’est la virtuosité technique au service d’une culture si profonde qu’elle est capable de se présenter sous les apparences de l’humour, de l’ironie et en quelque sorte du sourire en coin. J’y reviendrai, car plusieurs morceaux méritent le détour. Je pense par exemple à « Road Runner » de John Zorn ou à « Samba D Hiccup » de Klucevsek lui-même. Ou encore, du même, à « An Art of Gathering Pipers ». En écoutant « Road Runner » de Zorn ou « Ping Pong Polka » de Christian Marclay, on pense immédiatement au Motion Trio, en particulier à « Game Over ». Même présence tonitruante de l’esprit cartoon ou playstation dans toutes ces œuvres.

Mais, dans ma première approche de « Manhattan Cascade », j’avais volontairement « sauté » le titre 6, « Manhattan Cascade », qui donne son titre à l’album, et qui donc devrait en être emblématique. « Manhattan Cascade » est une composition de 1986 de Lois V Vierk. Je l’avais « sauté » parce que sa durée est de vingt minutes et que je voulais avoir la certitude de disposer de ce temps sans risque d’interruption pour l’écouter. Comment dire ? Je l’ai écouté en effet et j’ai dû constater que je devais faire un effort considérable pour aller au bout tant j’en ai éprouvé d’ennui. Alain, le philosophe, écrivait : « Qui ne sait s’ennuyer ne sait rien ». Je puis dire qu’en vingt minutes d’un ennui sans failles j’ai dû faire de grands progrès dans l’ordre du savoir. A la fin, une idée m’obsédait, je pensais à la fatigue que Klucevsek avait dû éprouver en jouant un tel morceau tant il me semblait qu’il devait exiger d’efforts. Quelque chose a dû m’échapper… mais quoi ? Très bientôt, mais pas tout de suite, je me propose d’écouter à nouveau ce morceau.

Quand je fais part de mon impression à Françoise, elle me dit : "Je ne suis pas étonnée, car - je ne sais pourquoi - Klucevsek me met mal à l'aise...".

vendredi, novembre 23, 2007

samedi 24 novembre - photonotes accordéons 26-29











samedi 24 novembre

J’ai eu l’occasion de dire hier dans quelles conditions j’avais découvert le disque de Marcel Azzola et Lina Bossatti, « Musique à la mode ». Quelques mots d’abord sur ces conditions, puis quelques mots sur ce disque.

Je suis littéralement tombé sur « Musique à la mode » en attendant Françoise et parce que je n’avais rien d’autre à faire que de me laisser guider par le hasard dans le rayon du jazz à la recherche d’un improbable disque d’accordéon. Parfois, il m’est arrivé d’éprouver quelque impatience, et même de la manifester, en attendant Françoise… pendant qu’elle hésite entre tel ou tel foulard, ou manteau, ou telle ou telle paire de chaussures, pendant qu’elle hésite encore au moment d’acheter tel ou tel vêtement, ou dans bien d’autres circonstances ordinaires de la vie.

Un petit calcul rapide me permet d’estimer à la louche le temps passé ainsi à l’attendre :

- 5 minutes / jour (minimum de minimum)
- 44 années de mariage (un peu plus de vie commune)
- 365 jours / an (laissons les années bissextiles)
- 80300 minutes !!! 1338 heures !!! 55 jours !!!

- En gros donc, cette petite attente, chaque jour répétée comme un goutte d’eau, m’a permis de passer l’équivalent de presque deux mois de ma vie à regarder le monde, à penser à « autre chose », à rêver, à imaginer et le cas échéant à tomber sur des disques improbables, sources de plaisirs inattendus. Attendre, c’est une façon de provoquer et de susciter l’inattendu. Je n’avais pas vu d’abord les choses ainsi, mais maintenant, c’est clair… merci Françou. Continue à hésiter entre deux vêtements à acheter ou entre deux paires de chaussures pour sortir.

Après ce détour quasi philosophique et d'inspiration bergsonienne sur les sens multiples de la durée par opposition au temps strictement mesuré par les chronomètres, je reviens à « Musique à la mode ». Ce disque me fascine ; je lui trouve une perfection certaine. Qu’il s’agisse de la complicité des deux instrumentistes ou de la pertinence de leur choix quant aux œuvres qu’ils jouent, c’est parfait. Et vraiment Marcel Azzola se place là parmi les plus grands, du moins à mon sens. Disons qu’il fait partie de mon Panthéon avec Galliano ou Viseur entre autres.

Parmi les œuvres interprétées, on trouve donc « Rhapsody in Blue », « Flamenco-valse » de Fosset, « Musique à la mode » de Chalet, « Danseuse étoile » d’Azzola et Péguri, etc… et pour finir « Marilina » du finlandais Heikki Valpola, que je trouve d’une étonnante modernité.

Sans oublier "Piécette pour duo" de Martial Solal !

jeudi, novembre 22, 2007

vendredi 23 novembre - photonotes accordéons 21-25
















vendredi 23 novembre

… écouté ce matin « Manhattan Cascade » de Guy Klucevsek. C’est un disque édité en 1992 par Composers Recording Inc. J’ai une relation assez paradoxale avec le jeu de Guy Klucevsek. Je le connais assez bien pour qu’il ne me surprenne plus. En revanche, chacun de ses albums m’étonne. Comme justement il est surprenant, il ne me surprend plus. Normal. Mais cette surprise attendue est finalement toujours sujette à interrogations nouvelles. C’est en cela qu’il m’étonne. « Manhattan Cascade » est un album d’une richesse extraordinaire et à proprement parler étonnante. Klucevsek, c’est la virtuosité technique au service d’une culture si profonde qu’elle est capable de se présenter sous les apparences de l’humour, de l’ironie et en quelque sorte du sourire en coin. J’y reviendrai, car plusieurs morceaux méritent le détour. Je pense par exemple à « Road Runner » de John Zorn ou à « Samba D Hiccup » de Klucevsek lui-même. Ou encore, du même, à « An Art of Gathering Pipers ». J'ai l'impression que le Motion Trio a écouté cet album très attentivement.

En fin d’après-midi, courses alimentaires à l’hypermarché. Comme d’habitude, après avoir chargé les sacs dans la voiture, petit retour vers l’espace culturel. Nous avons accumulé 33 euros de réduction sur la carte de fidélité. Il faut les craquer, vite fait. Pendant que Françoise cherche d’abord un livre, puis un dvd, j’explore de manière assez dilettante le rayon des disques. Rien de neuf à l’horizon, sinon un album du « Taraf de Haïdouks », dont j’écoute quelques extraits, mais qui me parait un peu commercial, un peu trop formaté sinon musique du monde, du moins musique pour tout le monde. Je finirai bien par l’acheter pour en avoir le cœur net, mais pour l’instant, c’est trop tôt. J’explore donc le rayon des disques de jazz. Hormis les classiques de Galliano, pas d’accordéon à se mettre sous la dent, si je puis dire. Sans trop savoir pourquoi, je regarde si, par hasard, en M il y aurait une nouveauté de Daniel Mille. Rien. Cependant, en troisième épaisseur, surprise, un disque attire mon attention :

- « Musique à la mode » de Marcel Azzola et Lina Bossatti.

Je n’en crois pas mes yeux, car je croyais ce disque épuisé. En fait, il s’agit bien d’une réédition dans le cadre d’une collection intitulée « Héritage ». Le disque se trouvait en M à cause bien sûr du prénom d’Azzola. Ce disque, produit par Marcel Azzola et Lina Bossatti, en 1993, est donc réédité en 2007 par Universal Music France. Je suis en train de l’écouter et c’est le coup de cœur. Le piano de Lina Bossatti est d’une précision impeccable, quant à Marcel Azzola, je trouve son jeu d’une intelligence magnifique. L’interprétation du titre 1 : « Rhapsody in Blue » est d’une finesse qui m’a sidéré. Je n’hésite pas à dire que pour moi, c’est un grand disque de jazz. J’y reviendrai, une fois passé le choc de la première écoute et de l’émerveillement qu’il suscite en moi.

mercredi, novembre 21, 2007

jeudi 22 novembre - photonotes accordéons 16-20







Où l'on reconnait les noms d'Yvette Horner et d'Aimable...



ou celui de Louis Corchia et de Fredo Gardoni.




jeudi 22 novembre

Il y a quelques mois, j’avais découvert l’existence d’un disque de Norbert Pignol, « Féline,accordéon diatonique ». Je me souviens que mon intérêt d’alors était plus de l’ordre du studium que du punctum. J’avais été intéressé par la dimension conceptuelle et exploratoire plus que touché dans mes cordes sensibles par la musique proposée dans cet album de 2004. Aujourd’hui, après l’avoir emprunté à la médiathèque de Toulouse, j’ai l’occasion de découvrir « Silence »,du même Norbert Pignol, un disque de 1999, enregistré entre 1996 et 1999, entre cuisine, concert en plein air et auditorium. J'observe, de toute évidence, que je suis beaucoup plus touché par cet album que par l’autre, « Féline » qui lui est postérieur et qui me parait plus conceptuel.

- « Norbert Pignol, Silence ; solo, accordéon diatonique, et sonatrad, invention pour orchestre ».

Ce disque m’est en effet apparu plein de vitalité et d’inventivité, avec des textes de présentation des morceaux assez drolatiques et pleins de saveur, qui rendent bien compte de la musique proposée. Il est composé de deux parties distinctes :

- 1ère partie, Norbert Pignol accordéon diatonique, solo en public.
- 2ème partie, Invention en ré majeur pour orchestre alliant musique traditionnelle, improvisation et forme sonate.

Les titres de la première partie sont : « Arsenic au vin rouge », « Tant qu’elle fredonne »,"Diatonium », « Silence », « Les rails du destin », « Chansonnette perturbée ».
Les deux volets de la deuxième partie sont d’une part « Sonatrad » (21 :21), adaptation du 1er mouvement d’une symphonie trad annoncée avec plus de trente instrumentistes, dédiée à W.A. Mozart et à Rabih Abou Khalil et, d’autre part, après deux minutes de silence, une coda cachée, décrite comme un exercice pour lutter contre l’ennui (4 :57). Ce morceau est présenté en outre comme ayant été l’occasion pour Norbert Pignol d’élaborer un accordéon prototype avec la complicité du luthier Bertrand Gaillard et d’engager des recherches destinées à être développées. On retrouve d’ailleurs le même Bertrand Gaillard dans les remerciements de « Féline », cinq ans plus tard.

mardi, novembre 20, 2007

mercredi 21 novembre - photonotes accordéons 11-15


























mercredi 21 novembre

Nadja m’a fait découvrir un site où il est possible d’écouter gratuitement de la musique et de faire encore bien d’autres choses, sauf du téléchargement.

http://www.deezer.com/fr/

Pour utiliser les fonctionnalités de « Deezer », il faut s’identifier et s’inscrire ; cette opération est obligatoire, mais gratuite. Une fois inscrit, on reçoit un courriel fort sympathique, dont j’extrais le passage ci-dessous qui, mieux que de longues explications, énonce ce que l’on peut attendre de ce service.

« Avant tout, nous sommes ravis de te compter parmi nous. Sur Deezer, tu vas pouvoir écouter en intégralité des milliers de chansons et d'albums SANS LIMITE et c'est totalement GRATUIT. Deezer révolutionne le monde de la musique en t'offrant 5 services en 1:

1-ECOUTER GRATUITEMENT tes titres favoris sans limite

2-CREER tes propres PLAYLISTS

3-DECOUVRIR de nouveaux artistes avec notre SmartPlaylist

4-UPLOADER tous vos titres dans votre espace de stockage personnel illimité

5-BLOGUER & PARTAGER vos titres favoris avec vos amis grâce à nos lecteurs déportés... et bien plus encoreAlors, nous n'allons pas te retenir plus longtemps, profites-en! »

Une première exploration, à partir de « Galliano Richard », a mis à ma disposition plusieurs pages. Parmi les titres, j’ai remarqué que certains se rattachaient à un album dont j’ignorais l’existence : « Solo in Finland ». L’occasion était trop belle d’utiliser la fonction « Playlist ». Sitôt dit, sitôt fait. Ouverture d’une « playlist » sous le nom « GAL solo in finland » ; le nombre de signes étant limité, je n’ai pu afficher « Galliano » en entier. Ensuite, seize titres, donc seize « copier / coller » sur le nom de ma playlist… Il ne reste plus qu’à écouter.


Et c’est encore du plaisir… Plaisir esthétique certes, mais aussi plaisir d’avoir découvert, grâce à Nadja, un nouveau service et un album de Galliano jusqu’ici inconnu de moi.

Après une exploration plus approfondie, il me semble que les morceaux d'accordéon doivent être rares. C'est pourquoi, pour l'instant, je me suis fait une playlist de Brassens (joué par des jazzmen) et de Nougaro, en particulier de son album "Chansongs" où l'on entend notamment "Vie, violence", c'est-à-dire la chanson composée sur le "Tango pour Claude".

mardi 20 novembre - photonotes accordéons 6-10






















mardi 20 novembre

… écouté le cd 2 de « S-Tres », « Version originale et Remixes ». « Version originale » : 11 morceaux. « Remixes » : 4. Entre les deux, le morceau 11, intitulé « Silence », dure 4 minutes. C’est évidemment plutôt surprenant et cette surprise se traduit pour moi en une attention extrême aux bruits de la maison. Ce silence institue en effet un vide sonore où tous les bruits, les petits bruits habituels et de ce fait non perçus consciemment se mettent à exister. Le silence leur donne l’occasion de se manifester. En parlant de petits bruits, je pense à la notion de « petites sensations » développée par Leibnitz, notion apparemment simple, mais pour moi d’une grande pertinence et d’une non moins grande finesse. Il fait entre autres cette remarque que se promenant quotidiennement le long d’un cours d’eau où se trouvait un moulin, il n’avait jamais perçu le bruit de la mécanique jusqu’au jour où celle-ci avait été arrêtée. Tout à coup, il manquait quelque chose dans son monde. Cette absence ipso facto suffisait pour que le banal «imperçu » manifeste son existence. Ce morceau, « Silence », fonctionne de la même manière. L’absence plutôt incongrue de sons sur un cd, dont la fonction est de remplir l’espace et le temps de vibrations sonores, suffit à donner vie au monde. Exercice de perception. Plaisir de percevoir l’épaisseur et la densité du monde.

Avant d’en arriver à « Silence », j’ai été frappé, en écoutant « Version originale », par le fait que les différents morceaux m’évoquent immédiatement des tableaux de Brueghel. Je pense à des œuvres parfaites comme « les aveugles » ou les « jeux d’enfants ». Tout aussi spontanément, cette musique et en particulier l’accordéon de Laloy me disent avec évidence qu’il s’agit d’une musique du Nord. Je ne cherche pas à m’expliquer ; je constate et j’y prends plaisir.

En tout cas, me frapent aussi l'unité et l'homgénéité des différents morceaux, comme les pièces d'un puzzle.

lundi, novembre 19, 2007

lundi 19 novembre - photonotes accordéons 1-5
















lundi 19 novembre

… écouté « S-Tres » de Didier Laloy. Pascal Chardome, guitare – piano, Didier Laloy, accordéon diatonique, Frédéric Malempré, percussions. En première écoute, je suis sensible à ce que j’appellerais volontiers l’atmosphère de l’album. De morceau en morceau, je perçois, comme un fil rouge, l’installation d’un climat de brumes, d’étendues d’eau incertaines, de soleil voilé et d’arbres rabougris comme des saules. Curieusement, la musique évoque pour moi immédiatement des images de paysages. Couleurs de peintres flamands ou hollandais.

Après avoir écouté « S-Tres», je m’interroge avec Françoise sur la manière dont je vais pouvoir publier les photographies d’accordéons que j’ai faites à Roques. Je me rends compte que j’en ai trente-trois, ce qui est beaucoup, mais pas trop eu égard à la qualité des instruments exposés. Il ne me parait ni possible de produire toutes ces photographies en une seule fois, ni d’en sélectionner quelques unes tant le choix me parait impossible. Comme disait le philosophe : « choisir, c’est renoncer » et justement je n’ai pas envie de renoncer à montrer ne serait-ce que l’une d’entre. En fait, ce serait comme une injustice.

Et justement, au fil de la discussion Françoise a eu idée, qui me plait tout à fait : produire les trente-trois photographies par séries de cinq ou six, chaque jour, sans aucun souci ni didactique, ni pédagogique, ni même documentaire. Simplement pour le plaisir des yeux, au hasard des prises de vues, et pour s’imprégner de la perfection technique et esthétique de ces beaux objets. Aussitôt dit, aussitôt fait…

dimanche, novembre 18, 2007

dimanche 18 novembre - photonotes le moulin

Deux attitudes caractéristiques du quatuor au cours de ses variations sur un air populaire ukrainien.

Le plaisir de jouer ensemble est évident. Le Pigini à droite est dépourvu de clavier gauche. Je n'avais jamais vu ça. Du coup, la pureté de ses lignes est digne des réalisations du Bauhaus.


Le trio de jazzmen. La présence sonore du pianiste est inversement proportionnelle à sa présence spatiale.

Un moment de jazz très intimiste : l'accordina remplace l'accordéon.


Trois membres du quintet "argentin"...




Trois membres du même quintet... On voit clairement la position centrale de l'accordéon.

On notera l'absence de micros pour les trois moments du concert. On y perd en puissance et en brillance, mais on y gagne en proximité et, dirais-je, en fragilité.



samedi 17 novembre - le moulin roques sur garonne

En cet après-midi ensoleillée et froide, nous avons répondu à l'invitation du centre culturel du Moulin de Roques sur Garonne. Nous y avons répondu en famille, malgré les embouteillages dantesques entre la sortie de la rocade et les parkings d'Ikea. Ikea, temple de la consommation.
Le programme sera respecté à la lettre et avec une ponctualité rare, que pour ma part j'apprécie au plus haut point. En première partie, un accordeur d'accordéon nous décrit sa machine mise en pièce sur une table d'écolier. Je retiens à propos du réglage particulier des accordéons en sortie d'usine que cette machine se comporte comme un aspirateur à poussières. Cela devrait donner des idées aux fabricants d'aspirateurs.
L'exposition, ensuite, est magnifique, d'une richesse incroyable tant du point de vue documentaire qu'esthétique. J'y reviendrai en photographies. Plus de quatre-vingts accordéons, de 1840 à nos jours.

Le premier volet du troisième moment - les concerts - est assuré par le Quatuor Toulouse Accordéons. On démarre avec Mozart ; on continue avec une oeuvre originale d'un compositeur contemporain ; on enchaine avec le "Tango pour Claude" (on est quasiment dans la ville de Nougaro, n'est-ce-pas ?) et l'on termine avec des variations sur un air populaire ukrainien. Classique, mais non sans humour.


Deuxième volet : jazz, avec le MJF Trio. Accordéon, contrebasse et piano. Un jazz très contemporain et très épuré.

Troisième volet : musique argentine avec Tango Lunatico, accordéon, flûte traversière, violon, contrebasse et piano. En fait le trio de jazz augmenté d'un violon et d'une flûte.


En dernière partie, Jean-Louis Noton fait une démonstration des qualités du Cavagnolo Odysseus. Etonnant, mais j'aurais aimé une présentation plus musicale et, si j'ose le dire, moins poudre magique aux yeux.
Je reviendrai dès demain sur l'exposition d'accordéons, dont la beauté plastique m'a ébloui. Tout en me laissant sur l'insatisfaction de n'avoir pas eu le temps d'apprécier mieux et plus longtemps l'individualité de chaque instrument. C'est sûr, chaque accordéon a une âme individuelle.





samedi, novembre 17, 2007

vendredi 16 novembre - toulouse matabiau

En ce début d'après-midi, à Toulouse, il fait froid et le vent souffle sec. Alors que nous passons au-dessus des voies de la gare Matabiau en nous dirigeant vers la médiathèque José Cabanis, où Françoise veut emprunter quelques dvds, notre attention est attirée par une sono tonitruant, si j'ose dire, des morceaux de reggae et - comme on dit - de musiques du monde. Les mouvements sociaux, comme disent les journalistes, ont créé sur les quais un étrange mélange de voyageurs et d'employés de la SNCF sans trains. Les appels et les annonces distillés par la voix suave de l'hôtesse trilingue de la gare sont remplacés par une musique qui n'arrive toutefois pas à faire danser les gens. Foule calme, paisible, un peu ailleurs. En transit, mais sur place et immobile.
En voyant le panneau "Toulouse Matabiau", on pense à Claude Nougaro. Surtout si l'on pense aussi que "Toulouse Accordéon" est dans le quartier des Minimes.

Un engin jaune de manutention attend son chauffeur, sans impatience étant donné l'absence quasi totale de trafic. En nous éloignant, nous pensons qu'en 36, la même foule, plus joyeuse si l'on en croit les images d'Epinal, aurait chanté et dansé au son d'accordéons. Aujourd'hui, c'est une sono qui s'agite. C'est moins vivant, moins live , comme on dit aujourd'hui. Cela pensé sans nostalgie aucune.

... En surfant sur la toile, Nadja a découvert l'annonce suivante. Demain après-midi, nous irons faire un tour vers cet événement a priori fort sympathique.
" Dans le cadre de la journée «Accordéons-nous», la communauté des communes Axe-Sud propose d'assister à la découverte de cet instrument au centre culturel du Moulin à Roques