jeudi, décembre 20, 2007

samedi 22 décembre - et cetera

De cette semaine passée, je garde quelques images fortes que je qualifierais volontiers d'images géomètriques ou euclidiennes. Un monde de verticales et d'horizontales. Peu de couleurs. Et justement, par contraste, je me rappelle ces deux pots jaune d'or déposés là par les peintres parmi les morceaux de leur échafaudage démonté.




Devant cet amas, dont on sent bien qu'il manifeste un principe d'ordre, même si celui-ci n'est pas d'abord esthétique, je pense aux "accumulations" d'Arman. Ces oeuvres remontent à un grand nombre d'années. L'artiste avait pressenti intuitivement que l'accumulation serait le maître mot de notre société. Sans doute est-ce grâce à lui que mon attention me porte à voir et, dois-je le dire, à admirer chaque jour ces oeuvres d'art brut en circulant dans les rues de Pau et d'ailleurs.





En fait, le monde est plein d'oeuvres conceptuelles éphémères déposées là par des artistes qui ne pensent pas à les signer. Et pourtant, c'est au moins aussi beau et en tout cas aussi intéressant que des tags. En plus, c'est en plein air et même livré aux intempéries qui y dépose sa patine de chantier en chantier.






Hossegor. Horizontale de la plage à perte de vue. Chaque jour de l'année, inlassablement, une sorte d'énorme mille-pattes mécanique déplace le sable puis l'aplanit pour que les estivants croient se bronzer dans un lieu naturel. Tu parles... La nature, c'est d'abord du travail.





Pendant que le mille-pattes s'affaire pour combler les trous et les ravinements provoqués par les vagues ou par le vent, énergie indéfiniment renouvelable, d'autres creusent, coulent du béton et préparent des fondations pour une promenade en bord de mer, pour des douches ou pour des toilettes, ou pour un point d'observation destiné aux maîtres-nageurs surveillant les insouciants chahutés dans les baïnes.





Le port de Capbreton est vide. Un monde de mats verticaux, comme des arbres vidés de leur sève. Que font tous ces propriétaires absents ? Du ski ?









Enfin, une photographie des maisons du Petit Bayonne me reste en tête comme un cliché surexposé ou comme l'image d'un rêve. Immeubles verticaux, étroits et serrés les uns contre les autres comme des maisons de poupées. Je comprends l'attachement des habitants de Bayonne à leur cité...