dimanche, mai 06, 2007

samedi 5 mai












Samedi 5 mai 2005 à 20h30. Théâtre du Monte-Charge, 7 rue Rivares à Pau. Concert de Nial Doya, guitare, et Daniel Brel, bandonéon. Dès le premier jour de location, il y a plusieurs semaines, nous avions retenu nos deux places : orchestre A2 et A4. Nous sommes ainsi suffisamment près pour voir leurs expressions sur le visage des deux musiciens installés sur la scène, pour percevoir les nuances de leur jeu et leurs échanges de regards, pour saisir leurs tensions, et aussi – j’y suis très attaché - pour prendre des notes photographiques avec mon mobile.

Avant d’entrer dans la salle, nous achetons du nougat et des bonbons au café… Commerce équitable, bien sûr. Avant le début du concert, je photographie le bandonéon, à droite, et la guitare, à gauche. J’aime bien garder trace de ce moment où les instruments, conscients de leur responsabilité, se concentrent, comme les musiciens le font de leur côté. Curieusement, j’ai toujours eu l’impression que ces instruments immobiles, en attente, étaient prêts à respirer. La salle est en longueur : des rangs de cinq places de part et d’autre d’une allée centrale. Environ cent cinquante spectateurs. Au fil du concert, les applaudissements progressent. A la fin, plusieurs rappels chaleureux nous permettent d’écouter à nouveau quelques morceaux avec grand plaisir.

A droite, Daniel Brel, bandonéon, vêtements noirs. A gauche, Nial Doya, guitare, vêtements blancs. La lumière, faible au début, découpe leurs silhouettes sur le fond noir. Même lorsqu’elle est plus vive, la lumière n’est jamais agressive. Elle est en accord avec une musique, claire, précise, pleine de finesses, qui refuse toujours tous les effets faciles ou appuyés.

Le concert débute par une composition originale de Nial Doya, « Samedi soir ». Il continue avec une interprétation par Daniel Brel de « Che Bandonéon ». On écoute plusieurs compositions originales, des compositions anonymes, des solos de guitare ou de bandonéon, des duos, une improvisation… Comme je n’ai pas de moyen de prendre des notes écrites, je m’en tiens à mes souvenirs où je retrouve une petite valse, à moins qu’il ne s’agisse de « La petite valse », qui fera l’objet d’un beau rappel, et un tango, dont le nom n’est pas fixé, mais qui pourrait s’appeler, d’après Daniel Brel, « Tango diabolique » ou « Tango espiègle ». C’est assez dire que le sérieux n’est pas incompatible avec les clins d’œil. Cette pièce n’a pas fait l’objet d’un rappel… mais j’espère bien avoir l’occasion de l’écouter à nouveau, car j’y ai trouvé, si j’ose dire, la marque de fabrique de Daniel Brel, culture et donc distance réflexive, voire analytique, d’une part, créativité et donc vitalité pleine de surprises d’autre part.

De manière synthétique, me viennent à l’esprit les idées de musique précise et intimiste, de complicité et d’accord dans un registre plein de retenue. Aucun effet facile. J’insiste sur ce point car, c’est sans doute pour moi la dimension morale de la musique, je suis particulièrement sensible à cette rigueur. Musique rigoureuse sans être rigoriste. Quelque chose comme l’esprit du spleen revisitant le tango. Quelque chose de simple, au sens où la simplicité c’est ce qui reste quand on a enlevé tout ce qui n’est pas nécessaire.

Avant d’aller me coucher – il est déjà plus de deux heures -, je parcours le site de Daniel Brel :

http://newtango.blog.fr/