samedi, mai 10, 2008

lundi 12 mai - dix photonotes

Tout en écoutant les disques que nous avons rapportés de Trentels, j'ai plaisir à contempler les photonotes que j'avais prises. Leur qualité laisse certes à désirer, mais leur pouvoir d'évocation est puissant.
Ainsi, Bruno Maurice en noir et blanc. Deux couleurs pures, qui correspondent bien à la rigueur de son style et à sa capacité de provoquer l'imaginaire des auditeurs.


Jean-François Baez, tout en tension et en concentration.

J'aime bien cette image, peut-être à cause du contraste entre l'accordéoniste peu éclairé, un peu mystérieux, et une contrebasse, éclatante, qui interviendra avec Ponty Bone en seconde partie de soirée. C'est déjà le contraste entre l'intériorité de Baez et l'extériorité de Ponty Bone, qui est comme mise en scène.



Ces deux postures de Ponty Bone caractérisent bien sa prestation. Chaque morceau est à la fois le même et autre que tous les autres. Variations sur une attitude chaleureuse, professionnelle et détendue.



Et puis, on le voit bien , accordéon et chant sont inséparables.





De même, pour Meriadec Gouriou, la voix de l'accordéon et la voix humaine sont inséparables, comme un Janus aux portes de profondeurs infernales. Les deux voix se font échos, se soutiennent mutuellement pour proférer un message obscur mais troublant. Quelque chose de magique se passe.




Bien sûr le contraste est artificiellement exagéré, mais cette exagération même me parait rendre assez bien compte de la prestation de Gouriou. L'excès est sa norme. On est aux antipodes de Bruno Maurice. Deux manières de créer des émotions. La plus intense n'est pas forcément la plus explosive.



Quant aux "Danças ocultas", la juxtaposition des deux clichés montre bien leur posture. Impavides, présents comme des statues, ils ne bougent pratiquement pas, mais ils font monter du sol des rythmes envoutants par leur force d'obsession même. On est loin de Gouriou, on est plus proche de Maurice, mais la force magique qui émane de leurs jeux respectifs est dans tous les cas aussi intense. Il s'agit bien en effet de magie, au sens où, le temps de leurs prestations, les repères spatiaux ou temporels et les raisonnements rationnels sont comme mis entre parenthèses. On est apparemment ici et maintenant, à Trentels, un jour du mois de mai entre 21 heures et 23 heures, en fait, on est quelque part ailleurs...