jeudi, février 14, 2008

vendredi 15 février - la grue, le chêne et les trois écureuils



























































Ce matin, de retour de la boulangerie, muni de mes deux baguettes de pain passion, j'ai été surpris de voir se dresser dans le ciel de notre quartier, une grue de levage - la même qui, il y a quelques semaines, déplaçait un wagon sur le site de la communauté d'Emmaüs. En y regardant de plus près j'ai bien vu trois... comment dire ?... trois écureuils qui montaient, tels des alpinistes, à l'assaut d'un chêne, qui avec quelques uns de ses congénères faisait la fierté de la rue. La chute des feuilles, d'après ce qui se dit, encombrait le toit des voisins du propriétaire de l'arbre.



J'ai passé la journée à suivre la disparition progressive du chêne et, je ne sais pourquoi, à écouter en alternance les deux versions des "Variations Goldberg" par Mika Väyrynen et Wolfgang Dimetrik. La première sous label "Alba" (2004), la seconde sous label "Telos Music" (2007). En fait, je sais un peu pourquoi, même si mon choix n'a pas été délibéré et réfléchi. Le découpage du chêne, branche par branche, avec les variations du bruit des scies, leur répétition obstinée jusqu'à l'effacement du tronc, cela m'a donné envie d'accompagner ce travail avec d'autres variations, celles de Bach et celles des deux interprètes. Chaque branche qui tombe est tronçonnée comme les autres, enfin... pas tout à fait pareil. Pas tout à fait la même, pas tout à fait une autre. De même ces variations, pas tout à fait les mêmes, pas tout à fait autres.



Mais avant de boucler cette page, je dois ajouter un dernier mot. Françoise, qui rentre d'un petit tour dans le quartier où un candidat aux municipales l'a interviewée devant des caméras de FR3, Françoise donc me dit :"Tu as entendu les pies (deux couples ont investi notre rue) ? Elles tournent au-dessus des maisons sans se poser nulle part... Je me demande s'ils (les écureuils) n'ont pas détruit leurs nids". Je me dis alors in petto que, si elles dérangent trop les gens avec leur agitation par trop sonore, il y aura bien un voisin pour réclamer de la police leur reconduite à la frontière ou en tout cas dans un autre quartier. Ce serait assez dans l'air du temps !