dimanche, avril 22, 2007

lundi 23 avril







Dimanche, temps idéal. 24°/25°. Ciel uniformément bleu comme sur une carte postale, léger souffle de vent régulier. Le quartier s’est vidé de ses habitants. Nous étendons deux lessives de linge de toilette, de nappes et de serviettes sur l’herbe, en imaginant déjà l’odeur dont elles vont se gorger avant de la diffuser dans les placards. Nous espérons que les merles, qui s’affairent à déterrer des vers à longueur de journée, ne vont pas y déposer quelque fiente comme trace de leur visite alimentaire.

Le soleil haut écrase les ombres sur les caillebotis et sur le carrelage de la terrasse arrière. Nous déjeunons à l’abri des charmes. On a une impression de temps suspendu. L’espace est réduit, mais il nous suffit. On s’y sent à l’abri des bruits du monde et peut-être même des soucis quotidiens. Au menu : morue, pommes vapeur, salade de tomates et mozzarella, huile d’olive, pain passion, fraises du Lot-et-Garonne, café du Costa-Rica, eau d’Ogeu, Premières Côtes de Blaye : château Anglade Bellevue, cuvée Les Moulins, 2003 (mis en bouteille au château). Pour « aller avec » ce déjeuner frugal et frais, nous écoutons le dernier « Jean Corti » :

- « Versatile », 2007 Mon Slip.

Une cuvée agréable. Sans surprise, mais agréable, c’est le mot qui nous parait le plus juste. Jean Corti, c’est pour moi un artisan de l’accordéon, qui maîtrise parfaitement ce qu’il veut faire dans un registre modeste, mais impeccable. Le disque, qui accompagne notre repas, sonne de manière un peu inégale à notre goût. Il y a des choses que nous aimons bien, d’autres moins. Je ne parlerai donc que de ce qui nous a plu et que déjà nous réécoutons. Nous aimons bien « Les feuilles mortes » et « Rose de Picardie », avec Félix Belleau à l’accordina ; « Place Montmartre » avec Perrone et Corti aux accordéons ; « La Ritale » de Corti et Privat avec Anne-Gaëlle Bisquay au violoncelle.

On retrouve en illustration le graphisme de « Couka » et un chien-accordéon licencieux… qui symbolise bien une certaine liberté, une certaine manière de ne pas trop se prendre au sérieux et de faire comme un pied de nez aux censeurs coincés. A force d’écouter les titres que nous préférons, nous finissons presque par nous imaginer dans une guinguette… Décidément, cet accordéon va bien avec le temps, un temps moyen, ni trop chaud, ni trop froid, ni trop lourd, ni trop venteux. Un accordéon des villes, des faubourgs ou des banlieues à l’ancienne, mais sans nostalgie. Un accordéon qui traverse le temps, tranquille et amusé en regardant l’agitation alentour.