samedi, juillet 28, 2007

mardi 31 juillet

J’avais entamé une écoute des disques de Tesi et de Haltli, que j’avais qualifiée de croisée, pour signifier que je les écoutais par alternance de deux à trois morceaux. Au départ, cette pratique tenait du hasard, puisqu’elle découlait du fait que je m’étais trouvé en possession de ces deux disques en même temps et que j’avais envie d’en prendre connaissance au plus vite. Mais, à l’usage, je me suis rendu compte que cela me convenait pour une raison plus essentielle. L’unité d’inspiration de Tesi et d’Haltli est telle en effet qu’au bout de deux ou trois morceaux, j’ai envie de faire une pause, de prendre une autre respiration, d’écouter autre chose. Et cela tient, j’en suis conscient, à la densité de leur inspiration qui ressemble presque à une obsession, comme s’ils tournaient autour d’un même objet pour se l’approprier ou pour l’apprivoiser.




Chez Haltli, la confrontation entre un héritage traditionnel norvégien et la musique la plus contemporaine est manifeste, et c’est cette confrontation qui est le moteur de l’album. Chez Tesi, il y a tout aussi manifestement confrontation entre un fonds de culture musicale italienne, sa tradition naturelle, et la recherche d’un style personnel ouvert à un très grand nombre d’influences, sa tradition culturelle. Cette confrontation fait problème et c’est justement parce qu’elle n’est pas résolue immédiatement que ces deux albums ont une telle unité d’inspiration.




Je note par ailleurs l’humour de Tesi, qui se manifeste tout au long des dédicaces de ses différents morceaux : « dédié à Anita et à son amour pour les animaux », « dédié à ma vieille Fiat 500 », « extasié par le regard magnétique d’une fascinante femme brune, j’ai composé ce morceau en 1998… depuis, il est dédié à ma femme Tiziana ». Je note aussi la fidélité amicale : «dédié à Martin O’Connor et à Renato Borghetti », « dédié à Guy Klucevsek », « dédié à Philippe Krümm et à Richard Galliano », « dédié à Dino Saluzzi et à Stefano Valla », « dédié à Marc Perrone et à Francesco Giannattasio », « dédié à la solidarité entre les peuples et les cultures », etc…







......







Françoise est partie pour la journée à Dax, elle ne rentrera qu’après le diner. Les petits, qui étaient partis à Cauterets pour quelques jours d’escalade, ne rentreront qu’en fin de soirée après une pause dans quelque Mac Do’ à Lourdes. En début d’après-midi, j’irai voir ma mère en maison de retraite, à Nay. La maison est vide. Le ciel est lourd et incertain. Le temps est comme immobile. Une parenthèse. Je m’installe sur la terrasse et je prépare pour le retour de la maisonnée trois salades de fruits, que je vais laisser refroidir au réfrigérateur : des fraises, Marat des Bois, des pêches, pêches blanches et pêches de vignes, deux ananas de la Réunion. Le sucre me colle aux doigts et j’imagine déjà Charlotte et Camille remplissant leurs assiettes comme des affamées.
Cette préparation ne demande qu’un minimum d’attention intellectuelle, bien plus elle a quelque chose de mécanique qui rend l’esprit disponible, par exemple à l’écoute. Et justement, comme j’écoute Tesi puis Haltli, avec un niveau sonore élevé, je me rends compte que je les apprécie mieux que je ne l’avais fait en me concentrant uniquement sur leur écoute. Curieuse expérience, c’est comme si l’activité manuelle, quasi mécanique, de la préparation des salades de fruits me donnait une disponibilité plus grande qu’une attention exclusivement focalisée sur la musique. Du coup, c’est comme si je percevais une autre musique. C’est comme si cette attention flottante me rendait réceptif à une autre dimension de ce que j’écoutais. Par exemple, la parenté de Tesi avec Rivas, Kepa Junkera, Martin O'Connor ou Perrone. Par exemple, la densité des frémissements du silence chez Haltli. C’est une étrange sensation, bizarre mais irréfutable, comme si une attention moins consciente me permettait d’accéder à autre chose. C’est bizarre mais pas incompréhensible. Une attention trop consciente, trop ciblée, trop focalisée peut en effet rendre inattentif à ce que l’on ne cherche pas. Mais justement, il est difficile d’arriver à se mettre en situation d’attention flottante : attention à ce qui vaut la peine d’être perçu, oui… mais quoi ? C’est tout le problème de la disponibilité nécessaire à l’expérience esthétique, disponibilité sans laquelle on risque de ne percevoir que ce que l’on attend, c’est-à-dire ce que l’on sait déjà.



La disponibilité esthétique, voilà une question cruciale.

lundi 30 juillet

Samedi matin, courses alimentaires à l’hypermarché. Le coffre arrière de la voiture chargé, petit détour par l’espace culturel, histoire de voir s’il n’y aurait pas quelque chose d’intéressant sur les rayons et de compenser ainsi la corvée des courses. Justement !



- « Riccardo Tesi », Cinq planètes / L’autre distribution, 2007.



Un disque d’accordéon diatonique en solo. Le nom de Riccardo Tesi suffit comme titre. « Accordéon & accordéonistes » en avait fait un article, sous la rubrique « Entretiens », dans le numéro 65 de juin 2007. Je me souviens que ce papier m’avait donné envie d’écouter ce disque.
De retour des courses, je découvre dans la boite à lettres un colissimo contenant un disque de Frode Haltli, que j’avais commandé à Alapage et que je n’espérais plus recevoir. C’est en effet une spécialité d’Alapage d’allonger les délais annoncés, voire, après un certain temps, de m’avertir que le fournisseur n’a pas été en mesure d’honorer la commande. Mais les explications ou les excuses sont si adorables qu’on ne saurait leur en tenir rigueur. Tout au plus peut-on penser que ça manque de sérieux et, par conséquent, de fiabilité. En tout cas, ça maintient le désir en éveil. Par exemple, actuellement, j’attends, sans délai prévisible, le cd « Tangaria quartet, live in Marciac », qui vient de sortir… Cherchez l’erreur d’organisation !
Bref, je découvre le disque de Frode Haltli. « Accordéon & accordéoniste », numéro 66, de juillet-août 2007, m’avait en effet mis l’eau à la bouche avec un article consacré à cet artiste sous la rubrique « Portraits » :



- « Passing Images », 2007 ECM.



Le temps de ranger les achats et de jeter les emballages dans le conteneur ad hoc, tout de suite après, écoute croisée des deux disques. J’y reviendrai, car pour l’instant mon impression reste superficielle. Mais, en dépit des différences évidentes entre les deux albums : solo pour l’un, accordéon, alto, trompette et voix pour l’autre ; origine italienne de l’un, norvégienne de l’autre ; diatonique pour l’un, chromatique pour l’autre, etc… en dépit donc de ces différences, c’est une analogie certaine qui me frappe : ancrage dans la musique traditionnelle et ouverture à des influences multiples, même si elles sont différentes (musique contemporaine, jazz, musique atonale, voire électronique pour Haltli ; musique brésilienne, jazz, rock, Galliano, Perrone, Garcia-Fons, Matinier, Klucevsek, Saluzzi pour Tesi), prise de risques à partir d’un ancrage dans la tradition, refus de la musique qui rassure au profit d’une musique qui recherche les situations de tensions et de dangers. Dans les deux cas, un style caractéristique, qui s’exprime aussi bien dans les compositions que dans les interprétations. Deux musiciens donc qui nous proposent un monde, une manière de percevoir le monde. Un monde économe de ses effets, tendu vers ce que l’on pourrait qualifier de classicisme. J’entends par là que, dans les deux cas, j’ai l’impression d’une recherche du maximum d’effet esthétique pour le minimum de matière sonore. Une sorte de travail comparable à celui du dessinateur qui reprend sans cesse ses esquisses pour enlever encore et encore tous les traits inutiles et ne garder que ceux qui sont strictement nécessaires à l’effet visé. C’est pourquoi je trouve qu’une écoute croisée n’était pas si impertinente qu’on aurait pu le croire eu égard aux différences manifestes entre ces deux albums.



Tout en les écoutant, je relis les deux articles de la revue « Accordéon & accordéonistes » qui m’ont alerté sur Tesi et Haltli. Je les trouve fort bien faits.

vendredi, juillet 27, 2007

dimanche 29 juillet







Juste pour le plaisir des yeux, quatre images, recadrées et saturées. On y perd en réalisme, en représentation de la réalité, mais on y gagne en expressivité. L'excès de contrastes traduit assez bien l'énergie mise en oeuvre sans compter par tous les musiciens tout au long de ce concert. Couleurs, chaleur et générosité.



jeudi, juillet 26, 2007

samedi 28 juillet

23h05, Galliano solo

23h08, Galliano et Surel
23h14, Tangaria quintet


23h19, Tangaria et H. de Holanda



23h20, Tangaria et H. de Holanda




23h35, Clarence Penn et Marc Bertaux
On est au bout des vingt-quatre photographies que j'ai sélectionnées. Je les regarde comme un livre d'images et j'en suis émerveillé. On peut s'en étonner eu égard à la qualité (?) technique des photographies, mais en fait ce n'est pas là l'important. L'important, c'est leur fonction de simulacre.





vendredi 27 juillet

22h48, Clarence Penn et Marc Bertaux
22h49, Clarence Penn et Marc Bertaux

22h52, Galliano et H. de Holanda


22h53, Galliano et H. de Holanda



22h56, Galliano, accordina, et Marc Bertaux




22h57, les mêmes

Comme je regardais les photographies que j’avais choisies comme traces du concert de Foix pour essayer d’en fixer les moments les plus intenses dans ma mémoire, une expression me vint à l’esprit : « Tangaria, c’est vraiment une belle mécanique ! ». Que ce soit en quintet, en sextet, en duos ou dans toute autre configuration, on a toujours affaire en effet à un système, un ensemble d’éléments en interactions, qui fonctionne sans défauts. Implacable. Impeccable. Quelque chose comme un mécanisme d’horlogerie très sophistiqué, que rien ne peut perturber. Mais à la réflexion, je me rends compte que cette expression est tout à fait inadéquate. Rien de moins mécanique que Tangaria. C’est plutôt à un système vivant, biologique, qu’il faut penser. Les éléments sont en effet comme les fonctions d’un organisme, dont la complémentarité assure un équilibre fragile, mais constant. Chacune de ces fonctions dispose d’une grande marge de liberté, mais tout cela se combine avec une telle flexibilité que l’ensemble, si j’ose cette image, retombe toujours sur ses pieds… comme un chat.

Clarence Penn et Marc Bertaux, Galliano et Hamilton de Holanda, Galliano à l’accordina et Marc Bertaux… des moments rares. Autres moments rares, dont on voudrait à jamais garder l’émotion, « Indifférence », « Tango pour Claude », « Valse pour Margaux », « Gnossienne », « Laurita », etc… autant de morceaux que je connais bien et pour lesquels je puis porter toute mon attention sur l’interprétation.

Du coup, je me dis qu’il y a eu un dvd et un cd, « Live in Marciac » et je me prends à rêver, pourquoi pas un « Live in Foix », d’autant plus que les images projetées en direct sur l’écran étaient de grande qualité ?



mercredi, juillet 25, 2007

jeudi 26 juillet

22h24, Tangaria quintet
22h33, idem

22h33, idem


22h37, idem



22h42, Tangaria quintet et H. de Holanda




22h44, idem
Cette deuxième série de six photographies montre le quintet au complet sur les quatre premières, puis l'intervention de Hamilton de Holanda, comme invité. Un invité qui bénéficie manifestement de toute la considération et de toute l'admiration de Galliano, mais aussi des autres membres du groupe.





mercredi 25 juillet

22h11
22h12

22h12


22h13



22h20




22h21

D'abord, une nouvelle fois, merci à Patrick E., qui m'apporte la réponse à la question de l'orthographe du nom du contrebassiste du quintet Tangaria. Il s'agit de Marc Bertaux. Ce nom ne figure nulle part, ni dans la plaquette de Souillac où le quintet se produisait en clôture, ni dans celle de Foix, assez inexacte, ni même dans le blog de Souillac, édité après la prestation du groupe, et qui, sauf erreur, ne produit que cinq photographies du quintet, sans texte. Sur l'une de celles-ci l'on reconnait bien Marc Bertaux, mais son nom n'est pas cité. Chaque fois, dans les présentations de Tangaria, c'est Philippe Aerts qui apparait. Merci encore pour cette précision et pour toutes les autres...
Au cours du concert de Foix, j'ai pris une quarantaine de photographies. J'en ai retenu vingt-quatre. après hésitations et réflexion sur la meilleure manière de garder traces de ce moment rare, j'ai finalement décidé de les publier sous la forme de quatre séries de six. Je trouve en effet que ce découpage, qui respecte l'ordre chronologique, restitue assez bien l'organisation impeccable du concert, en particulier l'articulation entre les moments où chacun se met au service de tous et les moments où chacun est mis en valeur, mais aussi la variété des formations : solo, duos, quintet, sextet...
















mardi, juillet 24, 2007

mardi 24 juillet

Je m'en tiens pour aujourd'hui à la première photographie que j'ai prise. Clarence Penn est masqué par la présence de Galliano ; Rafaël Mejias, qui était à la place de Penn dans le quartet, s'est déplacé à droite et de ce fait devient beaucoup plus visible, ce qui n'est pas indifférent. Malgré sa position, qui le rend quasi invisible, la présence de Penn est fort sensible et son accord avec la contrebasse et les percussions a beaucoup contribué au plaisir que j'ai éprouvé. Le siège de Hamilton de Holanda, plein centre, montre l'importance et même l'admiration que Galliano lui accorde. Derrière, un écran qui, tout au long de la soirée, apporte une sorte de contrepoint ou de focalisation sur le jeu des musiciens, de manière discrète et bien venue.

... et toujours le corps à corps entre Galliano et son Victoria. J'avais écrit un jour qu'il me faisait penser à une statue de Rodin. Je le pense de plus en plus.

lundi 23 juillet


Ce fut un magnifique concert. Soirée d’ouverture du festival de jazz à Foix, en Ariège. Au départ, il était prévu que le concert initial aurait lieu dans la cour d’une école monumentale à 21 heures. Mais le départ du tour de France ayant retardé l’arrivée des techniciens et d’une partie du matériel, puis les menaces de pluie ayant obligé à un repli dans la très belle salle de la maison de la culture, ce concert débuta à 22h15.
Nous connaissions Tangaria, que nous avions vu à Marciac (quartet avec H. de Holanda comme invité), à Perpignan (quartet) et au New Morning (quartet) pour la sortie de « Luz Negra ». Le quartet était composé d’Alexis Cardenas, violon, Rafaël Mejias, percussions, Philippe Aerts, contrebasse et bien sûr Galliano, accordéon. A Foix, nous découvrons un quintet : Galliano, Mejias, Philippe Surel, violon, Marc Bertho (orthographe à vérifier), contrebasse, Clarence Penn, batterie, auquel se joint pour plusieurs titres Hamilton de Holanda.

Je reviendrai dans les jours qui viennent sur les impressions fortes que nous avons éprouvées à Foix, ce 23 juillet, entre 22h10 et 23h45.

Pour l’instant, je garde trace des billets et, à leur verso, des notes que j’ai prises sur le programme, à savoir :
1. « Tango pour Claude »
2. « Laurita »
3. « Chat Pitre »
4. « Indifférence »
5. « Tangaria »
6. « Barbara »
7. intervention de H. de Holanda
8. idem
9. Galliano à l’accordina, puis à l’accordéon, avec Bertho ( ?) à la contrebasse
10. Galliano solo
11. Galliano et Surel, « Valse à Margaux »
12. Gnossienne sans la batterie
13. le quintet au complet avec H. de Holanda
14. idem
15. idem, « New York Tango »
16. rappel
17. pas de 17, car le public comprend que les musiciens sont épuisés…

Ces notes sont de sources diverses : les titres donnés par Galliano lui-même, soit les six premiers, puis ce que nous avons reconnu au cours du concert, Galliano étant préoccupé de citer les musiciens et de jouer, mais oubliant vite de citer les titres interprétés.

Comme diverses occupations occupent mon temps, je n’ai guère le loisir de revenir comme je le souhaiterais sur ce concert, je voudrais cependant noter qu’outre le plaisir d’écouter Galliano et ce quintet / sextet, j’ai été frappé par l’homogénéité de cette formation et par le fait que si elle sonne de manière très différente du quartet originel, elle manifeste un style et une identité qui nous ont séduits. Bertho ( ?) ne fait pas oublier Aerts, mais se montre son égal ; Surel, dans un style beaucoup plus discret et détendu que Cardenas, donne une couleur que j’ai beaucoup appréciée ; la présence de Penn enfin donne de la profondeur et, d’une certaine façon, sublime le jeu de Mejias.

Vraiment un magnifique concert !

dimanche, juillet 22, 2007

dimanche 22 juillet - graphismes




En trafiquant les photographies prises par Françoise, nous avons produit ces trois images. Pour le plaisir des yeux !


samedi, juillet 21, 2007

dimanche 22 juillet - olympus











Françoise avait pris des photographies du concert avec son appareil numérique. Je ne résiste pas au plaisir de publier ces cinq, la première comme document de description objective : Toucas en duo avec son frère (en arrière-plan, la chanteuse), les autres pour leur charge poétique. Elles me font penser en effet à des peintures de Marcel Duchamp, comme par exemple son "Nu descendant l'escalier". Je trouve que leur composition rend bien compte, au plan de l'imaginaire, du mouvement et du jeu de Toucas, une évanescence très structurée.
Petit point technique, mais d'importance au plan esthétique : quand on clique sur une photographie du blog, on obtient une image pleine page... et ça change tout !




dimanche 22 juillet

Parfois je me demande si je n’ai pas hérité du gène de la rumination tant je n’ai de cesse de revenir sur mes impressions spontanées pour en comprendre le sens. Toujours est-il que je m’interroge encore aujourd’hui sur l’origine du plaisir que j’ai éprouvé à l’occasion du concert de Toucas aux grottes de Lacave. Je suis bien conscient d’ailleurs que cette rumination est une manière de faire durer le plaisir, même si, au cours de ce travail, il passe de l’ordre des sensations à un monde de plus en plus conceptuel. On ne se refait pas !
Bref, lorsque je me demande quelle est l’origine ou la raison de ce plaisir, je vois deux éléments : d’une part la situation, d’autre part l’évolution de Toucas lui-même. La situation, c’est le lieu inhabituel et les conditions peu ordinaires du concert : un volume énorme, des parois et une voute démesurées, un air d’une pureté immédiatement sensible, une eau translucide à peine agitée en surface par une sorte de goutte à goutte immémorial, une température insensible aux variations météorologiques du monde du soleil, un espace limité pour les participants et, de ce fait, Toucas comme dans un cocon de sympathie. Le premier élément explicatif du plaisir que j’ai éprouvé, c’est donc l’expérience du lieu. Le deuxième élément tient à Toucas lui-même, à son évolution. L’accordéon que j’ai écouté lors de ce concert ne ressemblait pas à celui que je connaissais à travers deux disques de Toucas. J’ai été surpris par ce que j’entendais, mais nullement étonné, car déjà, avec « Accordion Project », j’avais bien perçu qu’il s’était éloigné de « Erranza ». Immédiatement, ce « nouveau » Toucas, nouveau mais bien dans la continuité de ses précédentes créations, m’a charmé. Durant tout le début du concert, une phrase tournait dans ma tête : « Debussy fait du jazz ». Comprenne qui pourra. En tout cas, ce qui m’a frappé, c’est l’impression, à travers les différentes pièces qu’il jouait, qu’il y avait comme une intention, une visée, une obsession ou un projet commun… Je veux dire que c’est l’unité qui m’a frappé au-delà de la variété et de la diversité des morceaux. J’ai senti le travail d’un vrai créateur qui essaie de donner forme à des schèmes qu’il a en tête ou qui prend des risques pour savoir ce qu’il cherche. Comme si par delà les influences musicales multiples auxquelles il a été sensible il était en train de réaliser un travail personnel de relecture, d’assimilation, de digestion et de création au sens le plus strict du terme.
Finalement, je crois avoir compris que l’origine du plaisir que j’ai éprouvé lors de ce concert tient à la rencontre et à l’interaction de deux éléments d’abord indépendants : un lieu et des conditions d’écoute, qui permettent de vivre une expérience sensible particulière, et le cheminement de Toucas qui, me semble-t-il, en est à un moment crucial de son parcours de création et qui donne à entendre un accordéon qui n’appartient qu’à lui.
A certains moments, j’ai pensé à Galliano, non par le style, mais parce que, quoi qu’il touche, on ne peut s’y tromper : « C’est du Galliano ». Pour Toucas, de même, quoi qu’il touche, c’est du Toucas ! C’est toute la différence entre l’éclectisme d’un touche-à-tout et le travail d’appropriation personnelle que je reconnais chez l’un comme chez l’autre.

vendredi, juillet 20, 2007

samedi 21 juillet


Pour refermer provisoirement les pages du concert de Toucas dans les grottes de Lacave, deux images tirées de la même photographie... Deux évocations différentes d'un même instant. Elles préfigurent déjà le travail interminable d'interprétation de ma mémoire, ce travail qui fait que le passé n'est jamais définitivement achevé et que les souvenirs s'écrivent au présent.
Je découvre à l'instant, dans le blog de "Souillac en jazz", un article sur Toucas dans lequel je reconnais tout à fait une partie de mes propres impressions et réactions.







vendredi 20 juillet











Quelques images quasi subliminales, qui parlent à l'inconscient plus qu'à la raison. Toucas et son frère, percussionniste, improvisent. Les instruments viennent d'Afghanistan et la mélodie a quelque chose des rythmes venus de ces hautes montagnes.
Au cours de son trajet autour de la grotte, Toucas passe devant de rares projecteurs et son ombre est projetée sur la roche sans âge.
Vers la fin du concert, le solo s'est mué en quartet : accordéon, percussions, violon, voix... La manière dont les regards circulent a quelque chose de très émouvant. Ces quatre-là sont en train de faire de la musique... de créer de la musique.




jeudi 19 juillet











Quelques photographies pour garder traces du concert…

Dans les rues de Souillac, les vitrines montrent des affiches du festival. Je photographie l’une de ces vitrines… Disons que je photographie moi-même en train de photographier une affiche et Françoise me photographiant. La photographie comme mise en abîme.

Etrange entrée en concert. Un petit train vers les entrailles de la terre, vers une salle tellurique… à 14 degrés ! Mais, comme tous les gens présents, nous étions avertis et munis de petite laine. Sage précaution ! On aperçoit à gauche des écrans de contrôle sur lesquels on voit la disposition des chaises pour un maximum de cent-cinquante à cent-soixante personnes, bien arrimées dans la glaise humide du sol de la grotte.

Trois images de Toucas, si proche des gens : deux où il improvise, assis ; la dernière où il joue de l’accordéon debout. En dépit de leur qualité, elles donnent une idée assez juste de l’intimité dans laquelle s’est déroulé le concert.





mercredi 18 juillet


Retour à Pau via Toulouse. Nous descendons jusqu’à Cahors par la nationale avant de continuer par l’autoroute. Je constate que finalement on prend mieux connaissance du paysage et de la géographie des pays en les traversant par les autoroutes qu’en suivant le trajet sinueux des nationales où la vue est souvent gênée par la végétation alentour. L’autoroute permet une vraie vision géographique alors qu’on aurait pu croire qu’elle banaliserait les parcours.

Nous déjeunons, comme chaque fois que cela nous est possible, dans un restaurant du marché Victor Hugo, au premier étage. Aujourd’hui, « Au bon Graillou ». La cuisine n’est pas à proprement parler raffinée, encore moins sophistiquée, mais en mangeant les plats du jour, on comprend ce que signifie qualité et fraicheur des produits.

On écoute en boucle « Accordion Project » et, tout en appréciant chaque morceau, l’on se remémore le concert d’hier soir. C’est une manière d’en prolonger le plaisir et déjà de penser au choix de photographies à mettre sur le blog.

mardi 17 juillet


Mardi 17 juillet, dans le cadre du festival de jazz de Souillac, concert de Toucas, à 20h30.

En fait, ce concert a lieu à dix kilomètres de Souillac, en un lieu fort étrange : l’une des grottes de Lacave. On y accède par un petit train après quelques centaines de mètres d’un parcours cahotant et après avoir monté un escalier un peu vertigineux. Le concert se déroule de 21h15 à 23h30.

Ce concert a été un vrai bonheur, mais les mots pour le dire sont difficiles à trouver. Je pourrais dire que ce fut un moment magique. Ce serait vrai sans doute, mais le terme est trop souvent utilisé pour rendre compte de mes impressions.

Si j’essaie d’être plus précis, je retiens deux choses :
- d’abord, le bonheur manifeste de Toucas de jouer en un tel lieu. Ce bonheur, soutenu par sa créativité et par un toucher bien particulier, net, précis, sans éclats inutiles, est contagieux. Au fur et à mesure du déroulement du concert, la proximité et la complicité entre Toucas et les participants augmente jusqu’à atteindre quelque chose de fusionnel. C’est un bonheur sans rien d’excessif. Je dirais un moment de plaisir simple sans affectation ni afféteries.
- d’autre part, une sorte de paradoxe au cœur de ce concert. La grotte est énorme, haute et vaste comme une cathédrale tellurique. Le volume est formidable et pur comme aux origines du monde. Le centre est constitué de bassins d’argile translucides où de temps immémoriaux de l’eau s’écoule goutte à goutte. Tout ceci est considérable quant aux dimensions, mais, et c’est là le paradoxe de la situation, la surface disponible pour les présents est très réduite. Cent quatre-vingts personnes au maximum. Toucas lui-même ne dispose que de trois ou quatre mètres carrés. Pas de scène, quelques rares projecteurs. C’est cette situation paradoxale que je qualifie, faute de mieux, de magique. Le concert comme une cérémonie destinée à glorifier la rencontre de l’accordéon et de l’air qui en porte les sons.

De ce concert je garde deux images : l’une, auditive, ce sont les improvisations de Toucas et, plus particulièrement, le parcours qu’il a fait, tout autour de la grotte, au début et à la fin de son concert. Tout au long de ce parcours le son de l’accordéon nous parvient de quelque part, étrange comme une inspiration venue d’ailleurs, d’un autre monde, celui que Toucas nous offre. L’autre, visuelle, vers la fin du concert, lorsqu’il fait plusieurs fois lentement un tour complet sur son tabouret en trois ou quatre stations. A chaque station, il déploie son improvisation et renverse la tête en arrière à la fois pour respirer profondément et comme pour suivre le mouvement des notes jusqu’à la voute. Moment superbe.
J’essaierai, avec un peu de recul, de revenir sur ces impressions premières et en particulier de choisir quelques photographies comme signes de ce concert, photographies de qualité médiocre bien sûr, mais où, me semble-t-il, passe quelque chose de l’émotion éprouvée, partagée, et du mystère de cet accordéon au centre de la terre.




dimanche, juillet 15, 2007

lundi 16 juillet







Hier, dimanche, le soleil a enfin décidé de se montrer une journée durant. Dès le lever du jour, nous avons aéré la maison et commencé le jeu subtil des volets plus ou moins clos pour créer des courants d’air et maintenir une fraicheur agréable. Nous avons déjeuné sur la terrasse de devant, en déplaçant la table et les chaises de bistro sous l’ombre bienveillante du prunier. Il nous protège bien, même si les prunes qui tombent au moindre coup de vent restent de redoutables projectiles. La lessive sèche sur l’herbe. C’est la promesse d’une douce odeur de foin coupé dans les placards et sur les draps.
Ce lundi, en soirée, nous rejoindrons Toulouse où nous ferons étape dans la maison des « petits » avant d’aller écouter Toucas, en solo, près de Souillac. L’idée de l’écouter dans un tel lieu nous ravit, de même que, vu la canicule, l’idée de devoir se munir d’une petite laine étant donné qu’il donne son concert dans une grotte.
Avant notre départ, les « petits » devraient arriver d’Hossegor où ils ont dû camper puisque la villa est inhabitable. Ils ont profité de l'occasion pour vitrifier les planchers du premier étage et, disent-ils, apprécier la lumière sur les terrasses et les balcons. Au fil du repas, nous nous rendons compte que nous ne cessons d’évoquer leur présence et de revenir sur les images d’eux qui nous émeuvent. Par exemple, quand nous les avons quittés, samedi en début de soirée, Camille, attachée sur son siège, derrière le vélo de Sébastien, une poche de chips à la main, le casque en forme de champignon sur la tête. Tellement confiante, tellement souriante et amusée de nous voir les dépasser et nous laisser dépasser avant de les surprendre, cachés au prochain croisement. Par exemple, Charlotte déhanchée sur son vélo psychédélique, trop grand pour elle, et si fière d’agiter sa main gauche pour nous saluer en ne tenant son guidon que d’une seule main. Par exemple, Nadja, toujours si calme et pleine de bienveillance, qui veille sur tout son monde, l’air de rien. On apprendra beaucoup plus tard que Charlotte et Camille se sont endormies au cours du feu d’artifice tiré des bords du lac.
Pour accompagner ces évocations si banales, si simples et cependant si émouvantes, nous écoutons « Fuera » de Renaud Garcia-Fons et Jean-Louis Matinier. Il ne s’agit pas d’illustrer nos sentiments, mais de retrouver dans la perfection discrète de ce disque un écho à la profondeur de ce que nous éprouvons, d’autant plus intense qu’il ne s’agit que de moments quotidiens, mais qu’il faut savoir saisir sur le vif. Où l’on voit que l’épicurisme avec son attention sans faille à la vie ordinaire n’est jamais très loin !




samedi, juillet 14, 2007

dimanche 15 juillet

Hier, jour de la fête nationale, nous sommes allés à Hossegor… passer deux couches de lasure sur des planches de bois destinées à recouvrir les murs de la villa pour que le charpentier puisse avancer son travail dès lundi matin. Je ne sais pas si c’était une bonne idée, car la circulation était dense et un peu rock n’ roll entre Pau et Bayonne. Les étrangers au département semblaient pris d’une transe frénétique qui les propulsait bien au-delà des 130 autorisés. Il valait mieux conduire sans quitter le rétroviseur des yeux. Une file débordant sur la voie de droite de l’autoroute nous attendait à la sortie de Peyrehorade. Ces voitures à l’arrêt sur une autoroute, c’était plutôt inattendu et dangereux.
Mais, finalement, les attentes à Saint Vincent de Tyrosse puis à Hossegor même ont été beaucoup moins longues que nous ne l’avions craint. Pique-nique avec les petits dans le jardin de la villa qui parait avoir été dévasté par un cyclone. Ce ne sont que quelques pelleteuses… Séance de peinture facilitée par un soleil franc et un vent en rafales modérées. Les temps de séchage sont réduits au maximum. Nadja, Françoise, Charlotte et Camille sont allées à la plage. Charlotte est comme un poisson... Camille n'a plus peur des rouleaux... Avec Sébastien, entre deux couches de lasure, nous avons ramassé quelques gravats, commencé à scier des racines découvertes et à arroser quelques acacias et quelques mimosas obstinés, qui ont résisté à la horde d’artisans déchainés qui ont investi le chantier.
Retour vers Pau, en soirée, toujours aussi rock n’ roll parmi les furieux qui rentrent de la plage, toutes fenêtres ouvertes pour rafraichir un peu leur peau cramée par les coups de soleil. Sur la plage arrière, les vêtements de plage et des bouteilles vides se tortillent suivant le rythme des virages.
En arrivant à la maison, je fais une petite recherche concernant Frank Marocco sur YouTube. J’y trouve trois vidéos de Frank Marocco lui-même, dont une où il interprète « Oblivion » et deux versions de « Manana », l’une de ses compositions, interprétée par un soliste et, d'autre part, par un orchestre un peu surprenant.

http://www.youtube.com/results?search_query=frank+marocco&search=Search

Finalement, je ne sais toujours pas si Franck Marocco est ou non très célèbre. J’ai l’intuition qu’il est connu et le sentiment qu’en le découvrant je tombe un peu de la lune. Mais, bon, pourquoi bouder son plaisir et se sentir honteux de sa naïveté ?

A propos, connaissez-vous Victor Prieto ?

http://www.youtube.com/watch?v=CHExu4yC15I&NR=1

Et Cory Pesaturo ?

http://www.youtube.com/watch?v=WDBD6x1mI8c&mode=related&search=

Je ne suis pas certain d'être prêt à en écouter des heures durant, mais ça vaut le détour.

vendredi, juillet 13, 2007

samedi 14 juillet

J’ai lu avec intérêt un article sur Frank Marocco, accordéoniste de jazz américain, dans la rubrique « Pédagogie » du dernier numéro de la revue « Accordéon & accordéonistes », le numéro 66. J’ai cherché par "Google" quelques renseignements complémentaires qui, à leur tour, m’ont paru fort intéressants, sans doute plus encore pour des musiciens que pour moi qui suis dépourvu de toute notion musicale. J’ai noté, chemin faisant, qu’un des disques du Frank Marocco Group, « Just Friends », est téléchargeable par la Fnac au prix de 9,99 euros. Des extraits des différents titres peuvent être écoutés.

Deux sites donc m’ont paru pleins d’intérêt… Mais peut-être que ma découverte n’en est pas une et que le Frank Marocco en question, sa vie et son œuvre sont déjà archi-connus des amateurs d’accordéon et de jazz. A toutes fins utiles cependant, voici deux adresses plus celle de la Fnac où se trouve « Just Friends » :

- http://roadtomarocco.com/
- http://www.russ-musikverlag.de/
- http://www.fnacmusic.com/discography/a092aae9-8abf-4d4f-889b-17fcfec6e784.aspx

Bon feu d’artifice !

vendredi 13 juillet

A propos du premier festival d’accordéon de Pau, j’ai repris mon rêve à l’endroit même où il m’avait quitté hier. La nouvelle place Clémenceau était couverte d’immenses tables de banquets chargées de tapas, que les musiciens, les gens qui avaient participé aux concerts et tous ceux qui voulaient se joindre à eux dégustaient jusqu’au milieu de la nuit en toute convivialité. Chaque jour, les restaurateurs de la ville apportaient leur contribution, faisant assaut de créativité dans la préparation des produits les plus frais du marché du jour.


Quelques exemples ?


[Cette liste doit être lue à haute voix, car la lecture silencieuse ne suffit pas pour mettre l’eau à la bouche]


- hure de tête de veau
- merlu à la crème d’ail
- filet de sandre au coulis de cèpes
- magret de canard à la plancha
- magret de canard froid farci au foie gras
- mignon de veau aux morilles
- cassoulet aux haricots de maïs
- tartare de thon aux herbes
- émincé de lotte au chorizo
- filet de bar rôti sur confiture d’échalotes
- chiffonnade de Serrano
- fricassée d’asperges vertes au sel de Guérande
- piperade à la fleur de thym
- filets de rougets à la provençale
- foie gras au porto
- lasagnes de foie frais aux cèpes en persillade
- noix de Saint-Jacques persillade
- parillada aux trois poissons de l’océan
- huitres du bassin d’Arcachon
- confit de canard
- duo de saumon et loup de mer à l’estragon
- rillettes de boudin noir
- friture d’éperlans
- louvine au feu de bois
- dorade à l’espagnole
- filet mignon de porc noir aux agrumes et au miel d’acacias
- omelettes aux cèpes
- brochettes de rognons de veau
- ris de veau en cassolette
- piquillos à la morue
- lomo basquaise
- brochettes de cœurs de canards
- …
Et je ne dis rien des desserts ! Mais il faut dire quelque chose des vins…
- Jurançon de Gan, d’Artiguelouve, de Laroin, de Monein… toutes communes à moins de vingt kilomètres de Pau
- Madiran des Hautes Pyrénées et Saint-Mont du Gers
- Pacherenc du Vic-Bilh
- Irouléguy du Pays Basque

Bien sûr, on pourrait me dire que de tout cela prépare des digestions difficiles, des réveils de plomb et des lendemains sous le signe du cholestérol. Ce serait vrai si l’on ne prenait garde de terminer ces agapes par un verre d’Armagnac. Le bon alcool dissout les mauvaises graisses.

Ce rêve est dédié à Tony, Monsieur SwingJo, spécialiste universellement reconnu de Jo Privat, qui, je l’espère y trouvera des échos de sa folle jeunesse !
http://swingjo.apinc.org/articles.php?id=14

jeudi, juillet 12, 2007

jeudi 12 juillet

Selon Freud, le rêve est la réalisation plus ou moins voilée de désirs plus ou moins refoulés. Désirs refoulés, réalisation voilée, masquée, difficile à décrypter : c’est le rêve adulte normal, qui permet au sommeil de se dérouler en toute quiétude. Désirs refoulés, réalisation manifeste, peu hypocrite, si je puis dire, c’est le cauchemar assuré et le réveil brutal, en nage… Désirs non refoulés, réalisation « réaliste », en toute innocence, c’est le délicieux rêve infantile.
D’habitude, je ne me rappelle pas mes rêves, je n’ai même pas conscience d’avoir rêvé, mais cette nuit, je me suis réveillé en plein milieu d’un vrai rêve infantile. Les rues de Pau étaient jalonnées de grands panneaux déroulants d’affichage. Je marchais, seul, dans les rues et ils se déclenchaient à mon passage, mais ils défilaient trop vite pour être vraiment lisibles. J’ai quand même pu relever un certain nombre d’informations intéressantes. D’abord l’annonce du premier festival d’accordéon de Pau sous le titre générique « Les bistrots des accordéons ». En ouverture, Kepa Junkera et ses invités, sur une scène installée place Royale, face aux Pyrénées. Jambon et clarete à volonté. Mais aussi le Quintet Soledad dans le théâtre Saint Louis. Klucevsek dans la cour du château de Pau. En différents lieux de la ville, parc Beaumont, palais des congrès, campus universitaire, Jacques Pellarin en trio, Michel Macias également, Jean-Luc Amestoy idem. En concert de clôture, Richard Galliano et Tangaria Quintet. Sans compter Motion Trio bouclant à plusieurs reprises le parcours du circuit de Pau sur la remorque rouge et jaune fluo d’un camion de dépannage conduit par un spécialiste des courses de poids lourds venu spécialement de Nogaro. Au passage, le camion, muni d’une sorte de canon à victuailles, projette sur la foule ébahie des quantités considérables de tapas. Entre les concerts in et off, des hauts parleurs en forme d’accordéon accrochés aux innombrables palmiers de la cité d’Henri IV déversent sur les passants et autres badauds un seul morceau : « La Pantera » joué par Toucas.
Bon, bien sûr, ce n’était qu’un rêve, mais tout de même la rencontre de Motion Trio et du Quintet Soledad… et des autres autour d’un repas gascon, sur le boulevard des Pyrénées, ça ne manque de gueule !

En attendant, depuis maintenant une semaine, Françoise et moi, nous nous cassons le dos à ramasser les prunes de notre énorme prunier et à en remplir le conteneur de bio déchets après avoir fait des confitures, des clafoutis, des salades de fruits pour maintenant et pour d’autres saisons, et après avoir épuisé toutes les ressources que constituent les voisins, connaissances et autres alliés. Au moindre coup de vent, ça tombe comme à Gravelotte en crépitant sur l’herbe humide. Ce sont les merles qui sont contents. Ce sont les chats qui sont vigilants…

mercredi, juillet 11, 2007

mercredi 11 juillet

Ces deux derniers jours, à partir du mot « métissage », j’ai laissé mon imagination battre la campagne au gré des associations d’idées et des fortunes de hasard. J’ai ainsi laissé remonter à la surface de ma conscience des fragments de la représentation que je me fais de cette notion. Et puis, d’autre part, presque incidemment, j’ai noté l’achat d’un disque déjà ancien de Kepa Junkera, « Maren », trouvé comme par hasard sur les rayons de musique basque de l’espace culturel de l’hypermarché.
Mais, en fait, en écoutant ce disque plus attentivement, je me dis que si j’avais délibérément cherché à illustrer ma représentation du métissage musical, je n’aurais pu choisir meilleur exemple.
Il y a en effet un paradoxe dans cet album : un ancrage fort dans la culture musicale basque, une identité revendiquée, et en même temps des croisements multiples avec les traditions venues vocales de l’Arménie, de la Bulgarie ou de l’Albanie. La présence aussi de steel drums, autre tradition venue de l’au-delà des océans. Le paradoxe, c’est la présence à la fois d’identités musicales fortes et de traditions culturelles très typées et leur dépassement dans des compositions originales. Ce mouvement de dépassement, que l’on pourrait qualifier de dialectique, donne lieu à des créations émergentes, c’est-à-dire qui tout à coup apparaissent à la surface de manière imprévisibles. Pour rester dans le registre de cette métaphore, on pourrait penser aussi à l’image de l’iceberg dont les neuf dixièmes, je crois, restent immergés. C’est une assez bonne image des métissages de ce disque et du métissage en général.

mardi, juillet 10, 2007

mardi 10 juillet

Comme je feuilletais quelques ouvrages en quête d’une information que je ne retrouvais pas, j’ai retrouvé sans les chercher, en exergue de l’un d’entre eux, ces quelques lignes, traduites du poète Antonio Machado :

« Marcheur, ce sont tes traces / ce chemin, et rien de plus ; / marcheur, il n’y a pas de chemin, / le chemin se fait en marchant. / En marchant se construit le chemin, / et en regardant en arrière / on voit le sentier que jamais / on ne foulera à nouveau. /"

Ces quelques lignes font immédiatement écho pour moi à l’idée de métissage. Il n’y a en effet de métissage authentique que dans une démarche qui lâche les amarres pour partir vers l’inconnu. La si belle expression « faire son chemin » prend ici tout son sens. Que serait un parcours de métissage dont le but et le produit final seraient programmés dès le départ ? Du marketing ! J’aime associer l’idée de métissage et la prise de risque qu’elle implique à l’idée de Machado que le chemin (de la vie, de la création) n’est jamais tracé d’avance, qu’il n’existe que par le mouvement des pas qui tracent leur parcours. Parcours et non trajectoire, invention et non balistique. L’invention, c’est la créativité, la trajectoire, c’est la carrière programmée. On en revient à l’idée de programmation. Ce n’est pas un hasard.
Le hasard fait bien les choses. J’ai fini par retrouver les informations que je cherchais, mais fort heureusement j’ai dû tâtonner d’abord avant d’atteindre mon but. Grâce à ce cheminement, j’ai eu le plaisir de faire ce rapprochement entre métissage et voyage, non pas voyage organisé, mais voyage à la découverte, à l’aventure, ouvert à toutes les rencontres, surtout les plus improbables.

Après avoir fait quelques courses nécessaires à l’hypermarché, petit détour par l’espace culturel. Peu de choses ! Je suis tenté par le cd de "Tangaria, live in Marciac", mais agacé par le fait qu’il soit affiché à 17,99 euros, alors qu’il est proposé à 13 euros sur Alapage. Dès le retour à la maison, je le commanderai par internet. En attendant, je parcours les rayons à l’aventure. Et tout à coup – la politique de distribution des grandes surfaces m’échappe un peu – je tombe littéralement sur une dizaine de cds de Kepa Junkera, que je croyais épuisés.

- « Maren », Kepa Junkera, 2001 EMI Odeon.

Curieusement - le hasard encore !-, le nom d’Hughes de Courson, que je citais hier, apparait dans la production.
Une première écoute me convainc que le dernier Kepa Junkera est bien déjà en germe dans ce disque et d’autre part sue celui-ci est bien l’analogue basque de Didier Laloy, le septentrional.
Le hasard fait bien les choses, précisément parce qu’il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des signes ; il suffit de vouloir les percevoir.

lundi, juillet 09, 2007

lundi 9 juillet

… reçu très récemment un courriel de Jacques Pellarin, dont j’ai dit à plusieurs reprises à quel point j’apprécie son jeu et ses compositions. Il est question dans ce courriel de son nouveau trio - accordéon, saxophones, percussions -, qui sera opérationnel à la rentrée et, à cette occasion, de ses "compositions personnelles métissées et colorées".
Cette notion de métissage est une vraie référence aujourd’hui pour beaucoup de musiciens et il vaut la peine, me semble-t-il, de s’attarder un peu sur sa signification. On sait à quel point Michel Serres a approfondi la réflexion sur cette notion. Il ne serait pas inutile de s’y référer, mais pour l’heure je me contenterai de laisser libre cours aux associations d’idées qu’elle me suggère.
J’observe que dans le mot métissage, il y a métis, bien sûr, mais aussi tissage et encore sage. Je m’en tiendrai là pour aujourd’hui.

- métis, dit le dictionnaire, désigne ce qui est mélangé ; qui est fait moitié d’une chose, moitié d’une autre. En fait, je préfère l’idée de mélange à l’idée d’être composé de deux moitiés. Pour moi, justement, est métis ce qui est fait d’un mélange tel qu’on ne peut plus l’analyser et en dissocier les parties. Est métis ce qui noue inextricablement entre elles les origines d’un existant, au point de les rendre indissociables. Est métis ce qui résiste à l’analyse. J’aime bien aussi cette idée que ce qui est métis, c’est ce qui procède d’un mélange et qui donc ipso facto n’est pas pur. Métis, mélange, non pur, complexe, voire contradictoire. Tout cela se tient.
- tissage, c’est le résultat d’un croisement de fils qui disparaissent en tant que tels pour donner existence à un objet unique et potentiellement infiniment divers suivant la manière même dont le tissage est composé. Un nombre limité d’éléments, une infinité de réalisations possibles en fonction du tour de main de l’exécutant.
- sage ! Notion importante. Il y a aujourd’hui des métissages sages, qui ne dérangent personne, lisses, sans aspérités, sans surprises. Une sorte de musique mondiale, voire mondialisée, qui peut passer sur toutes les ondes sans susciter le moindre étonnement. Mais il y a aussi des métissages qui dérangent, je dirais qui détonnent. Ceux-là seuls sont révolutionnaires, en ce sens qu’ils font émerger du nouveau radical. Quelque chose, à proprement parler, d’inouï.
- dernier mot : sans avoir fait d’enquête, j’ai l’impression que souvent le mot métissage habille des compilations, c’est-à-dire de simples juxtapositions de morceaux d’origines ou d’influences géographiques et culturelles diverses, parfois disparates et hétéroclites. Les vrais métissages, les mélanges jusqu’alors inouïs, me paraissent rares : je pense par exemple au projet de Hughes de Courson décliné dans « Mozart l’Egyptien 1 & 2», « Lambarena », « O’Stravaganza », « Lux obscura ». Dans le domaine de l’accordéon, je pense à « Luz Negra » (Tangaria Quartet) de Galliano ou encore à « Ruby, My Dear » (New York Trio) du même, avec respectivement comme titres emblématiques la « Gnossienne n°3 » et la « Gnossienne n°1 » dans ces deux albums. Et, puisque c’est un courriel de Jacques Pellarin qui a déclenché cette petite réflexion, il est un de ses titres qui pour moi illustre bien la notion de métissage. Il s’agit de « Milong-Jazz », titre 8 de « Sous d’autres jazzitudes ».

dimanche, juillet 08, 2007

dimanche 8 juillet

Depuis hier, j’ai occupé tous mes moments libres à visionner et écouter les vidéos du Quintet Soledad sur Youtube. Visionner, car l’image, en tant que telle mérite attention. Ecouter, car fidèle à mon comportement habituel, il y a toujours un temps où je ne sais savourer vraiment la musique d’une vidéo qu’en fermant les yeux.
Par différence avec la majorité des documents Youtube, ces vidéos font partie manifestement d’un film professionnel, où le réalisateur, lui-même professionnel, disposait de moyens d’enregistrement de l’image et du son eux-mêmes professionnels. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les survols du public par une luma et d’écouter la qualité du son.
Après ces multiples visionnements et écoutes, quelques mots me viennent à l’esprit, qui rendent assez bien compte, à chaud, de mes impressions :
- après Piazzolla, c’est encore Piazzolla. L’après Piazzolla est plus fidèle à Piazzolla que sa copie ; proposer une lecture de Piazzolla est plus fidèle à son inspiration que son imitation
- énergie et précision. Les deux ne font pas toujours bon ménage. Ici, oui ! Le piano…
- homogénéité : le jeu des cinq instrumentistes, et cristallisation : les cinq instrumentistes, comme les cinq faces d’un cristal. Je suis frappé par le fait qu’ils occupent un espace très réduit et cet aspect spatial contribue à imposer ce sentiment d’un ensemble extrêmement dense
- complexité. Un ensemble est dit complexe lorsque ses éléments sont reliés entre eux par de multiples interactions. C’est bien le cas de ce quintet.
- Classique, au sens de ce qui est capable de faire autorité et de servir de modèle.

samedi, juillet 07, 2007

samedi 7 juillet

Je voudrais, ce soir encore, remercier très cordialement Patrick E. qui m’a envoyé par courriel une information tellement intéressante que je n’hésite pas à la répercuter sans délai à mon tour, car c’est un vrai plaisir qui se trouve au bout et j’ai envie de le partager.
En se rendant sur cette page…

- http://www.youtube.com/results?search_query=soledad+quintet&search=Search

… on « tombe » sur cinq vidéos du quintet Soledad, live au Palais Royal de Bruxelles, en 2005.

- un document introductif de 2 :02
- le « concerto pour quintet » de Piazzola, 9 :08
- « passage à 5 » de Devreese, 9 :32
- « libertango » de Piazzola, 3 :18
- « adios nonino » de Piazzolla, 7 :36

Comme le dit très justement Patrick E., ni le lieu ni le public ne sont habituels, mais on saisit bien le style du quintet Soledad dans ces vidéos. Dois-je dire que justement et le lieu et le public ajoutent à mon plaisir… Plaisir qui tient à un sentiment de mélange indissoluble et en même temps de décalage entre le quintet et son environnement. Décidément, la Belgique est un pays de haute culture.
… Et puis, je ne résiste pas au plaisir de signaler, à mon tour, ces deux vidéos, dont je ne dirai rien pour ménager la surprise.

- http://www.youtube.com/watch?v=Ki7E9s6Bkhs
- http://www.youtube.com/watch?v=41e_ONxz0Q8&mode=related&search=

Etonnant, non ?

vendredi, juillet 06, 2007

vendredi 6 juillet

Dans le dernier numéro de la revue « Accordéon et accordéonistes », n° 66, juillet-août 2007, je viens de me rendre compte qu’il y a, dans la rubrique « Chroniques », page 61, une présentation très enthousiaste du disque de Marcel Loeffler, « Hommage ». Qu’on en juge par la dernière phrase : « Un prise de son irréprochable fait de ce disque un élément majeur dans la catégorie jazz à l’accordéon comme on n’en a plus fait depuis Gus Viseur, Tony Murena, Charley Bazin ou Emile Carrara ». L’éloge me parait un peu excessif, mais bien sympathique et en tout cas de nature à m’inciter à écouter à nouveau ce disque.
Et il est vrai que je me laisse apprivoiser, même si mon jugement au final reste plus mesuré.
En revanche, je relève quelques approximations et inexactitudes dans ce papier dithyrambique signé R.M., et je trouve cela un peu gênant, même s’il n’y a pas lieu d’en faire une histoire.

- ainsi, le titre 3, « Groovin’high » de Dizzy Gillespie est présenté comme « Groovy Night » de Charlie Parker,
- le titre 13, « Fugue tempérée » devient « Fugue tempête »… ce qui change de registre.
- mais, surtout, ce titre, composé par Marcel Loeffler, est présenté comme un solo d’accordéon de douze minutes, ce qui n’est pas tout à fait exact. En fait, il y a un premier mouvement de 4 :28 où, sauf erreur de ma part, l’accordéon et le violon se répondent, avant un « blanc » jusqu’à 5 :15 et en effet un solo d’accordéon jusqu’à 12 :30. Cette précision me parait d’importance, car le premier et le deuxième mouvement ont chacun leur spécificité propre. D’autre part, mais on est là dans le registre de l’impression esthétique, cette « Fugue tempérée » me parait pleine d’intérêt, car elle termine le disque et, en même temps, elle préfigure peut-être d’autres explorations de la part de Marcel Loeffler, explorations qui ne seraient plus dans la droite ligne du swing manouche, ni des grandes figures évoquées ci-dessus. J’ai pensé à certains moments à Venitucci.

En tout cas, je dois dire que d’écoute en écoute, comme je l’écrivais plus haut, j’entre de mieux en mieux dans les propositions de ce disque, malgré certaines réticences persistantes. C’est ainsi que j’aurais préféré des versions instrumentales aux versions chantées de « Sous le ciel de Paris » ou « Dis, quand reviendras-tu ? ». En revanche, j’ai de plus en plus de goût pour « L’œuf coque », enregistré en direct lors d’un concert à Auxerre en 2006. Lequel « Œuf coque » est orthographié « L’œuf coq » dans les remerciements et compté pour 4 :18, alors qu’il dure plus de 9 :20. Inversement, « Sous le ciel de Paris » dure 4 :18 et non 9 :23, mais j’avais déjà noté cette interversion des deux titres.

Mais, l'essentiel est bien que ce cheminement m'ait permis d'apprécier de mieux en mieux ce disque dont je n'avais pas perçu d'emblée l'originalité... peut-être à cause de la présence des guitares manouches, qui d'abord brouillaient ma perception du jeu de Loeffler.

jeudi, juillet 05, 2007

jeudi 5 juillet

Françoise a lu la page de mercredi où il est question du cd de Marcel Loeffler, « Hommage ». Elle m'a dit : « Ce n’est pas très clair ». C’est vrai ! En fait, mon expression reflétait assez exactement mon sentiment mitigé et incertain à l’écoute de ce disque. En le qualifiant de disque de swing manouche, je n’étais pas loin de penser qu’il ne s’agissait que d’un disque de plus exploitant cette mine ; en disant mon plaisir de réécouter « Sessions », je n’étais pas loin de vouloir dire que ce dernier restait pour moi un véritable évènement à la différence de « Hommage ».
Mais l’observation de Françoise m’a obligé à revenir sur ce jugement et sur cette impression générale mal définis et au fond peu étayés. J’ai donc écouté à nouveau, très attentivement, les treize morceaux de « Hommage ». En fait, je reste sur une impression de morceaux un peu disparates, avec des formations différentes, et où souvent à mon goût l’accordéon est trop discret, mais il est vrai aussi que j’ai beaucoup apprécié plusieurs titres, où j'ai retrouvé le style de Marcel Loeffler : « N°13 », « Ma référence », « Solitude » de Duke Ellington, « L’œuf coque » et l’exercice de style « Fugue tempérée ».
Par différence, j’ai pensé à maintes reprises au jeu de Ludovic Beier, et je me suis promis, un jour prochain, de me préparer une écoute comparée des deux accordéonistes.

Dernière remarque : à moins que j’aie des hallucinations, les titres 11 et 12 sont intervertis dans le programme. L’ordre réel est « 10. Solitude », « 11. Sous le ciel de Paris », et non 12, et « 12. L’œuf coque », et non 11.
……..

Il y a quelques jours, j’ai reçu un courrier de Patrick E., que je remercie encore vivement, m’informant de la présence de Christian Toucas, aujourd’hui, 5 juillet, entre 18h et 20h, sur France Musique, dans le cadre des « Flâneries musicales de Reims ». Je compte bien être au rendez-vous.

........

Après une harpiste, une pianiste et un violoncelliste, des cordes pincées, des cordes frappées, des cordes frottées, comme le fait remarquer le journaliste, à 19h40, changement de type d'instrument, Toucas répond à quelques questions informatives sur ses influences et sur son parcours, puis interprète live en trio – accordéon, guitare, présentée comme guitare manouche, et contrebasse - deux compositions, « La Pantera » et « Erranza ». Deux morceaux magnifiques, très différents. In fine, il annonce ses prestations à Souillac, le 17 juillet, dans un lieu plein de charme et sans doute fascinant par son acoustique : une grotte, puis à Reims.

mardi, juillet 03, 2007

mercredi 4 juillet

Depuis la nuit de samedi à dimanche, j’ai écouté plusieurs fois le disque de Marcel Loeffler, « Hommage ».

- « Hommage », Marcel Loeffler, New Life Production 2007, Le Chant du Monde 2007.

C’est un disque de swing manouche.

J’ai réécouté avec grand plaisir « Sessions », un disque enregistré en quartet par Marcel Loeffler en 2002.

lundi, juillet 02, 2007

mardi 3 juillet